« Has neo-conservatism failed? » par William Watson Durant les années 1990, tous les gouvernements, au Canada, ont vécu une crise financière. Dans l’ensemble du secteur gouvernemental, les impôts ont atteint des sommets jamais vus et l’on a freiné le taux de croissance des dépenses publiques. L’objectif était partout le même : éliminer les déficits et stabiliser le ratio entre dette publique et PIB. On aurait cependant tort de voir dans cette période d’austérité le triomphe du néo-conservatisme. Les Canadiens, en effet, n’ont pas fait leur la philosophie qui est au cœur du néo-conservatisme et qui consiste à réduire le gouvernement à sa plus simple expression. La façon dont on utilisera l’argent jadis affecté au service de la dette sera le véritable révélateur de l’idéologie qui a cours au Canada. Il y a tout lieu de croire que cet argent sera dépensé. « Multilateral intervention forces » par Brigadier-Général Robin Gagnonn Que peut espérer le commandant militaire chargé d’une intervention de maintien de la paix ? Des conditions faciles à énoncer, certes, mais parfois difficiles à réunir : mandat clair, orientation politique précise, objectifs bien définis, moyens à la hauteur des attentes, planification à la fois militaire et civile, concertation (y compris avec les ONG et les organismes des Nations Unies), solides services de renseignements, plan d’action rigoureux. Mais l’établissement d’un tel cadre doit parfois laisser place à l’improvisation, comme ce fut le cas pour l’intervention des Nations Unies durant la période de transition en Haïti, au milieu des années 1990. « La gouvernance en opérations militaires : nouvelles considérations » par Major-général J.O. Michel Maisonneuve Durant les années 1990, la délégation de pouvoirs et la décentralisation étaient à l’ordre du jour—dans les cercles militaires comme dans la société civile. Mais les nouvelles et difficiles opérations de maintien de la paix, où sont aujourd’hui impliquées les forces armées canadiennes, exigent un corps d’officiers capable d’exercer un leadership souple, créatif, indépendant d’esprit. Les officiers doivent aujourd’hui traiter avec bon nombre d’organismes nouveaux, sans hiérarchie définie. Ils sont souvent appelés à se faire « animateurs », plutôt que chefs militaires au sens traditionnel de l’expression. « Will Canada's forces have what they need when they need it? » par Brian MacDonald Les besoins militaires du Canada évoluent en fonction des changements qui surviennent sur le plan technologique aussi bien que sur le plan stratégique. Comme la plupart des autres pays, le Canada accuse un énorme retard sur les États-Unis quant au degré de sophistication de ses armes. Les budgets militaires ne suffisent pas à maintenir en état l’équipement existant, encore moins à le moderniser. L’appui du public est fort mince à l’égard des achats à effectuer dans ce domaine. On peut donc, sans exagération, parler de la mort possible des forces armées canadiennes. « Military needs and perspectives » par John Marteinson Lors de la conférence de novembre dernier, l’IRPP avait confié à John Marteinson le soin de commenter les trois communications qui précèdent. Colonel à la retraite, M. Marteinson est actuellement rédacteur en chef de la Revue militaire canadienne. Nous présentons plus bas une version révisée de ses observations. « Defence and security: the next generation » par Douglas L. Bland Dans le passé, les Forces armées canadiennes étaient appelées à exécuter des tâches souvent difficiles, mais à tout le moins raisonnablement claires sur le plan administratif. Depuis la Guerre froide, cependant, le nombre de personnes et d’organismes (gouvernementaux ou non-gouvernementaux) généralement impliqués dans les missions s’est élevé considérablement. Certes, chaque cas doit être examiné au mérite; mais ni la méthode du cas par cas ni la formation d’un Conseil permanent de la sécurité n’en viendront à bout. Il faudra peut-être élargir le rôle du ministère de la Défense. « Que doit-on faire ? Les gouvernements, les médias et l'appui du public » par Jocelyn Coulon La guerre du Golfe et l’intervention au Kosovo ont montré que, contrairement à une opinion répandue, les démocraties sont capables de gérer avec succès de laborieuses interventions militaires. Parmi les leçons à tirer de ces deux épisodes, relevons celles-ci : primo, les gouvernements doivent exercer un leadership vigoureux, déterminé et solidaire; secundo, ils doivent chercher des appuis dans l’opposition politique et porter grande attention aux médias—même si l’influence de ces derniers n’est pas aussi déterminante qu’on le croit généralement. « Responding to crises: are current policies and practices the answer? » par Julian Harston Dans bien des milieux, on met en doute l’aptitude des Nations Unies à répondre aux demandes, de plus en plus nombreuses ces dernières années, d’interventions pour le maintien de la paix. Or, l’expérience montre qu’on a toute raison de croire l’ONU à la hauteur de cette tâche. Pour cela, cependant, il lui faudra non seulement se réformer sur le plan administratif, mais aussi compter sur un plus ferme appui et de plus vastes ressources de la part des pays membres, y compris de certains d’entre eux qui expriment aujourd’hui des doutes à son égard. « The military should get involved in the debate » par Hugh Segal À la conférence de novembre dernier, Hugh Segal fut invité à commenter les trois communications qui précèdent. M. Segal, ancien chef de cabinet du premier ministre du Canada, est président de l’IRPP. Voici un résumé de ses observations. « Why do highly-skilled Canadians stay in Canada? » par Don J. DeVoretz et Chona Iturralde Devant l’énorme accroissement de revenu que l’exil vers les États-Unis apporte aux travailleurs canadiens hautement qualifiés, la vraie question n’est pas de savoir pourquoi ceux-ci migrent, mais plutôt pourquoi tant d’entre eux demeurent au pays. Une analyse économétrique révèle que le désir de rester croît avec l’âge mais que ce facteur perd de son importance quand l’augmentation de revenu liée à la migration atteint un certain niveau critique. Or, ce niveau semble avoir chuté durant les années 1990. Nos politiques d’allégement fiscal et de subventions devraient donc cibler les travailleurs jeunes et hautement qualifiés. « Has rising inequality hurt the middle class? » par Robert Frank En collaboration avec le Centre d’étude des niveaux de vie (CENV), l’IRPP organisait en janvier dernier un colloque de deux jours sur l’inégalité et la croissance. On peut consulter sur le site Web du CENV (www.csls.ca) la plupart des communications présentées à cette occasion. Le conférencier invité au déjeuner de la première journée était M. Robert Frank, Goldwin Smith professeur d’économique à l’Université Cornell. Dans un ouvrage écrit en collaboration avec Philip Cook et publié en 1995 (The Winner-Take-All Society), le professeur Frank a bien décrit cette « société où le gagnant ramasse tout ». Son dernier livre (Luxury Fever) analyse, un peu à la façon de l’économiste et sociologue Veblen, les faiblesses de la consommation ostentatoire qui a marqué les années 1990. La causerie de M. Frank, fort appréciée des auditeurs, abordait bon nombre des problèmes soulevés dans Luxury Fever. Elle illustrait l’habileté de l’auteur à traiter de questions économiques complexes sur un mode divertissant et éclairant. M. Frank a aimablement autorisé la reproduction de son texte dans les pages d’Options politiques. « Is the International Space Station really worth it? » par Denis Legacey La Station spatiale internationale (SSI) est certes l’entreprise d’ingénierie la plus ambitieuse de toute l’histoire; une entreprise unique, aussi, par la collaboration multinationale dont elle est l’objet. Mais son coût total, qui pourrait friser les 100 milliards de dollars, en fait aussi l’un des investissements les plus discutables. Il existe pourtant, en matière d’exploration et de développement spatial, d’autres activités beaucoup plus bénéfiques pour notre planète et pour notre pays, sur les plans économique et social. Or, ces autres activités ont besoin d’un financement plus solide que celui qu’on y a consenti dans le passé. « Want a flat tax that might actually might work? Try (gulp!) Russia » par Michael Taube Désolé, le sommaire de cet article n'est pas disponible. |