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« The great need of the hour » par Barack Obama Le 20 janvier dernier, à l’occasion de la Journée Martin Luther King, le sénateur Barack Obama a prononcé un discours exceptionnel devant un auditoire réuni à l’église Ebenezer d’Atlanta, où officiait le pasteur King. « America's renaissance of hope » par Robin V. Sears Robin Sears propose une vue d’ensemble du paysage politique américain et explique en quoi les derniers candidats à la course à la Maison-Blanche — Barack Obama, Hillary Clinton et John McCain — incarnent tous trois un renouveau après la présidence défaillante de George W. Bush. Authentique rebelle, John McCain a toujours séduit les électeurs indépendants et est subitement devenu en 2008 le candidat de l’establishment républicain, qui fonde sur lui ses derniers espoirs de garder la Maison-Blanche. Première femme susceptible d’occuper le « bureau ovale », Hillary Clinton représente le changement mais aussi la continuité en tant qu’épouse d’un ancien président. Mais c’est Barack Obama, croit Robin Sears, qui incarne vraiment le retour de l’espoir aux États-Unis. « Obama a tout changé, notet- il. Comment est-ce arrivé ? » Lisez son analyse. « Clinton versus Obama - a race for the ages » par David Herle Passionnant, théâtral, plein d’embûches et d’imprévus : le match Clinton-Obama est de ceux qui marquent l’histoire, estime David Herle, ancien coprésident de campagne des libéraux fédéraux. Lui-même spécialiste des sondages, il se sent « moralement tenu de commencer par une analyse des problèmes rencontrés par le milieu des enquêtes d’opinion tout au long des primaires ». Oui, beaucoup trop de sondeurs se sont trompés, quand ils ne se sont pas spectaculairement fourvoyés, dans un sens comme dans l’autre. D’abord en surestimant les résultats de Barack Obama au New Hampshire, puis en les sous-estimant en Caroline du Sud, avant de prédire son triomphe à deux chiffres en Californie, où il a plutôt perdu par 10 points. Sans oublier la couverture médiatique, celle des médias grand public, des publicités, mais aussi des nouvelles plates-formes en ligne. Enfin et surtout, il y a l’effet Obama, qui repose sur de multiples facteurs, y compris « le fait qu’il soit le meilleur orateur de sa génération ». « 'Yes we can': is Barack Obama changing politics? » par Graham Fox Graham Fox analyse l’effet Obama et la façon dont il vient modifier la donne. Ses discours électrisants et ses grands rassemblements ont suscité l’enthousiasme et l’intérêt de nouveaux électeurs. Et nul doute que s’il était élu président, il imprimerait à la politique étrangère américaine une orientation radicalement différente de celle de Georges W. Bush. Mais étant donné l’intention des candidats Barack Obama et Hillary Clinton de rouvrir l’ALENA, une présidence démocrate ne serait pas nécessairement favorable à l’économie canadienne fondée sur le commerce avec les États-Unis. La force de la campagne du candidat Obama et son attrait n’en restent pas moins impressionnants. « Son message repose sur l’autonomisation et la responsabilité mutuelle des élus et des citoyens. Tout le monde est donc interpellé » conclut l’auteur. « The inevitability of change » par John Parisella Chacun des trois derniers candidats à la course à la Maison-Blanche incarne le changement et pourrait être un président transformationnel, affirme John Parisella, observateur attentif de la vie politique américaine et ancien chef de cabinet de deux premiers ministres québécois. Chez les républicains, John McCain a souvent quitté les sentiers battus et défié les conformismes de son parti. Chez les démocrates, Hillary Clinton et Barack Obama représentent à l’évidence un changement historique majeur, respectivement en tant que femme et homme de couleur. Mais la première reste une figure traditionnelle largement identifiée à la présidence de son mari, tandis que le second s’est affirmé comme le candidat du renouveau en galvanisant une nouvelle génération d’électeurs grâce à un message de changement et d’espoir. « Vers la présidence : un chemin parsemé d'embûches pour les démocrates » par Pierre Martin Beaucoup prétendent qu’au terme de la présidence défaillante de George W. Bush l’année 2008 appartiendra aux démocrates et que ceux-ci gagneront la course à la Maison-Blanche. Certes, Barack Obama et Hillary Clinton sont tous deux des candidats de premier plan. Mais cela ne veut pas dire que les républicains de John McCain ne mèneront pas un rude combat. Ni que les démocrates sont à l’abri d’une amère bataille en Floride et au Michigan, ou d’un renversement de situation si les « super délégués » décidaient d’appuyer un candidat différent de celui choisi par les délégués élus. Actuellement chercheur invité au Wilson Center de Washington, Pierre Martin, de l’Université de Montréal, soupèse les chances des deux partis. « Jusqu'où ira Obama ? » par Richard Nadeau Les courses à la présidence américaine réservent parfois des surprises. L’élection de Jimmy Carter en 1976 en est l’illustration. Mais la plupart du temps, ce sont les candidats mieux connus ou proches de l’establishment des partis qui finissent par l’emporter. La poussée de Barack Obama et la très chaude lutte qu’il mène à Hillary Clinton constituent de ce point de vue l’événement marquant de la lutte électorale en cours aux États-Unis. Loin de paraître s’essouffler, la campagne du sénateur de l’Illinois semble au contraire gagner en intensité. Richard Nadeau se penche sur les causes de la montée de Barack Obama et tente d’évaluer ses chances de succès pour la suite des choses. « Change and continuity in US foreign policy » par David T. Jones Depuis Washington, David Jones anticipe l’arrivée d’une nouvelle administration américaine en janvier 2009, notant tout d’abord que les démocrates n’auraient qu’eux-mêmes à blâmer s’ils perdaient cette élection présidentielle. En termes de précédents historiques, les républicains ont en effet peu de chances d’obtenir un troisième mandat consécutif et, surtout, « personne ne soutiendra que le niveau de popularité de George W. Bush procure la moindre longueur d’avance au candidat républicain ». Mais en quoi la politique étrangère d’Hillary Clinton ou de Barack Obama se démarquerait-elle de celle de George W. Bush ? Dans quelle mesure feront-ils prévaloir les intérêts américains ? Et comment les événements, toujours imprévisibles, détermineront-ils les politiques du pays ? « Fighting for the superdelegates » par Stephen J. Farnsworth Une fois élus tous les délégués qui participeront à la convention démocrate, la désignation du vainqueur de la course très serrée opposant Barack Obama et Hillary Clinton pourrait bien être l’affaire des 796 « super délégués », composés de démocrates occupant une charge élective, de hauts dirigeants du parti et même de Bill Clinton, de Jimmy Carter et d’Al Gore. Selon Stephen Farnsworth, des avantages les plus douteux pourraient même « être offerts aux quelques délégués qui permettront d’atteindre le nombre magique de 2 025 votes ». « Should Canada create elite universities? » par Michael Atkinson Certains observateurs du monde universitaire canadien préconisent de stratifier davantage l’enseignement supérieur et, surtout, de créer quelques institutions d'élite de renommée mondiale. Ancien vice-président à la direction des études de l’Université de la Saskatchewan, Michael Atkinson examine les arguments à l’appui de cette proposition sous l’angle des politiques publiques. Il explique pourquoi les gouvernements ont jusqu’ici hésité à y donner suite et s’interroge sur l’intérêt d’emprunter cette voie. Il serait selon lui peu judicieux de réserver à certaines universités la possibilité d’intensifier leurs activités de recherche et de leur permettre d’en tirer un prestige excessif. Il propose d’autres moyens d’aider les universités à s’imposer sur la scène internationale. « Health insurance for international students: taxation without representation » par Sylvia Reitmanova En juin 2007, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a étendu l’accès à l’assurance-maladie aux étudiants étrangers de niveau postsecondaire de la province. Une excellente décision, estime Sylvia Reitmanova, de l’Université Memorial, qui déplore toutefois que quatre provinces du pays tardent à faire de même pour leurs propres étudiants étrangers, ce qui expose ceux-ci à des difficultés financières et à des risques de santé. À l’examen des lois canadiennes relatives à la santé, à l’immigration et à la famille, elle juge que le gouvernement terre-neuvien n’a accordé aucun privilège particulier à ces étudiants mais qu’il s’est tout simplement conformé à la loi. D’où l’importance pour le Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard de suivre son exemple. « Mondialisation et internationalisation en éducation supérieure » par Sophie Morin Si le financement et l’accessibilité aux études postsecondaires sont régulièrement débattus sur la scène publique, plusieurs autres questions, telles l’internationalisation de l’éducation supérieure et l’impact de la mondialisation sur la mission des universités et des collèges, sont souvent négligées. Sophie Morin examine les transformations qui ont marqué l’éducation supérieure au cours des dernières années, notamment les activités transnationales des universités et les stratégies proposées pour y faire face. Dans ce nouveau contexte, dit-elle, un des grands défis sera de trouver un juste équilibre entre une vision utilitariste de plus en plus répandue et la mission humaniste des nos universités. À cet égard, conclut-elle, il serait judicieux d’adopter des normes internationales par un accord sous l’égide de l’UNESCO : « L’absence de structures supranationales favorise actuellement certaines institutions au détriment d’autres dont les pratiques commerciales sont moins évidentes et les ressources financières plus limitées. » « Alberta's love-hate relationship with big oil » par Todd Hirsch [résumé non disponible] « Kosovo: after the party, the hangover » par Jeremy Kinsman Une fois terminées les célébrations de la déclaration d’indépendance du Kosovo et le nouvel État reconnu par l’Occident malgré les objections de la Russie, il reste la difficile tâche d’aller de l’avant en conciliant un passé de conflits et un avenir incertain. Jeremy Kinsman, ancien ambassadeur du Canada à Moscou, rappelle « les déchirants combats » du Kosovo, notamment l’épisode du nettoyage ethnique d’il y a 10 ans, qui a fait 100 000 victimes avant que les bombardements de l’OTAN ne fassent plier la Serbie. Dans les limites de ses nouvelles frontières, le Kosovo abrite aujourd’hui sa propre minorité ethnique : la communauté serbe. « Ottawa misses Manley's best points » par Arthur Kent Le rapport Manley insiste sur la nécessité pour l’OTAN d’envoyer un supplément de 1 000 hommes pour soutenir la mission canadienne à Kandahar, et en fait une condition du maintien du Canada dans le sud du pays au-delà de février. Mais selon Arthur Kent, qui a couvert l’Afghanistan pendant près de 30 ans, le gouvernement Harper et les pays occidentaux ne s’attaquent pas aux vrais problèmes, à savoir « les erreurs du commandement et du contrôle américains, le chaos et la corruption d’un régime Karzaï soutenu par l’Occident, et les vacances prolongées dont jouissent les chefs des talibans aux frontières du Pakistan », d’où ils peuvent guider et équiper les insurgés. Sans compter le commerce du pavot, première culture commerciale de l’Afghanistan, immense source de pouvoir et d’argent. « Hillier and the new generation of generals: the CDS, the policy and the troops » par Douglas Bland Pour certains, le général Rick Hillier, chef de l’état-major de la Défense (CEMD) des Forces canadiennes, est une personnalité hors du commun qui domine tous les aspects de l’engagement du Canada en Afghanistan. Aucun de ses prédécesseurs n’a bénéficié d’autant d’attention de la part d’un premier ministre ni joué un rôle aussi central dans la défense et la politique étrangère du pays. L’homme est-il un original inclassable ou le premier d’une « nouvelle lignée » de militaires de haut rang appelés, en cette période de l’après-guerre froide, à occuper les fonctions de CEMD ? Douglas Bland soulève cette question fondamentale à l’heure où, à Ottawa on commence à se demander qui commandera après son départ. « Climate change: the case for a carbon tariff/tax » par Thomas J. Courchene et John R. Allan Certes admirable, l’adhésion volontaire au protocole de Kyoto ne suffit pas à relever le défi des changements climatiques. D’abord parce qu’elle exclut de nombreux pays très polluants et, en corollaire, parce qu’elle n’offre aucune solution au grave problème du resquillage. Les auteurs propose de s'attaquer à ce dernier problème par le biais d’un tarif national à l’importation de carbone et d’une taxe équivalente sur les émissions de carbone applicables aux exportateurs (et importateurs) mondiaux. Ce premier niveau d’intervention serait de compétence fédérale et pourrait faire l’objet de mécanismes d’échange. Le second niveau d’intervention proposé par l’auteur viserait les gouvernements et pourrait s’inspirer de Kyoto en prévoyant des engagements en matière d’émissions, de normes, de plafonds, de systèmes d’échange, etc. Sur le plan constitutionnel, tous les ordres de gouvernement joueraient idéalement un rôle clé à ce niveau. « Éliminer le pouvoir de dépenser » par Alain Noël [résumé non disponible] |