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« Vers un programme de priorités pour le Canada » par Jeremy Leonard, Christopher Ragan et France St-Hilaire

En janvier dernier, 12 experts provenant de divers horizons se réunissaient à l’invitation de l’IRPP afin d’identifier les principales priorités du Canada à moyen terme en matière de politiques publiques. Dans cet article, Jeremy Leonard, France St-Hilaire et Chris Ragan présentent les motivations ayant mené à la mise en place de ce projet, expliquent la démarche retenue et résument les délibérations de la journée ainsi que les principales conclusions auxquelles les participants sont arrivés.

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« Le monde comme contrainte et comme cible » par Kevin Lynch

Le Canada est un pays prospère et productif, mais « cette réussite n’a rien de prédestiné, et elle ne peut être tenue pour acquise », prévient Kevin Lynch, le nouveau greffier du Conseil privé. Rédigé tandis qu’il était encore directeur pour le Canada du FMI, à Washington, son texte met de l’avant les trois défis suivants : accroître notre productivité, améliorer notre capital humain par le biais de l’éducation et de la formation, et renforcer notre influence économique dans le monde. « Pour rappeler une évidence, conclut-il, la conjoncture mondiale est d’une importance capitale pour le Canada. »

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« Les priorités du Canada : pas qu'une question de santé » par Janice MacKinnon

Selon Janice MacKinnon, qui a équilibré dans les années 1990 le budget de la Saskatchewan à titre de ministre des Finances du gouvernement néo-démocrate, la croissance des coûts liés aux soins de santé est telle qu’il nous faut absolument trouver de nouveaux modes de financement, notamment parce que les dépenses de santé empiètent sur d’autres priorités comme la réduction de la pauvreté, l’éducation et l’environnement. Il nous faut ensuite investir dans l’innovation et la productivité. Tout comme les gouvernements ont investi dans les chemins de fer, les routes et les canaux qui constituaient l’infrastructure du XXe siècle, ils doivent aujourd’hui investir dans les laboratoires, les synchrotrons et autres installations de recherche du siècle actuel. Il nous faut enfin relever le troisième défi du vieillissement de la population, qui implique de repenser notre politique autochtone et de rétablir l’équité intergénérationnelle pour éviter d’alourdir le fardeau des jeunes contribuables, sur qui reposera le financement des programmes sociaux à mesure que les baby-boomers prendront de l’âge.

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« Le défi capital du Canada » par Nancy Olewiler

Le Canada jouit d’un abondant capital humain, physique, social et naturel. Mais « nous avons vécu de notre capital public en y consacrant des investissements insuffisants ou inefficaces », écrit Nancy Olewiler, de la Simon Fraser University. Nous n’avons pas de « données fiables sur l’ampleur de notre capital naturel, à plus forte raison sur celui que nous perdons ». En matière de capital humain, l’un de nos défis consiste à former une main-d’œuvre qui puisse répondre aux besoins du marché du travail, notamment lorsque les baby-boomers prendront leur retraite et qu’il faudra du personnel soignant pour s’occuper d’eux. Il nous faut par aillleurs rétablir à tout prix des liens solides avec les États-Unis, sans pour autant laisser tomber nos politiques sociales. « Les autres marchés étrangers ont certes une grande importance, conclut-elle, mais ils ne remplaceront jamais celui des États-Unis. »

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« Revenir parmi les meilleurs » par Anne Golden

Notre pays fait bonne figure parmi les nations de l’OCDE mais il accuse un retard croissant par rapport au peloton de tête, écrit Anne Golden, présidente du Conference Board du Canada. Le Canada se maintient certes dans la moitié supérieure des 24 principaux pays industrialisés, mais il est en perte de vitesse et ne pourra regagner du terrain qu’en relevant trois défis : assurer sa compétitivité à l’ère de la mondialisation des échanges et d’une restructuration fondamentale de l’économie ; se préparer aux conséquences de la révolution démographique ; et gérer ses ressources naturelles en fonction de sa prospérité économique et de leur viabilité environnementale.

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« Les défis nationaux et internationaux du Canada » par Robert Lacroix

La montée en puissance d’économies émergentes comme la Chine et l’augmentation incessante des besoins en énergie ont fait bondir la demande pour les ressources pétrolières et gazières du Canada. L’Ouest du pays de même que Terre-Neuve-et-Labrador profitent ainsi d’une forte croissance qui a toutes les chances de se poursuivre. Mais en échange de ce qu’ils nous achètent en ressources, ces pays nous renvoient des produits manufacturés à bas prix qui créent un défi majeur pour notre industrie manufacturière et notre économie fondée sur l’exportation. Il est plus que temps de cesser de jouer à l’autruche, écrit Robert Lacroix, et reconnaître que les principaux défis du Canada relèvent de la conjoncture internationale bien plus que des tensions internes du pays.

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« Pour que la croissance se traduise en mieux-être » par Jim Stanford

La croissance économique n’a de sens que si elle se traduit par le mieux-être de la population, écrit l’économiste Jim Stanford, du Syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile, pour qui les gouvernements doivent orienter et réguler la croissance au lieu d’attendre que les problèmes se règlent d’eux-mêmes. En tête de ses priorités figure la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, suivie de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la stabilisation des changements climatiques. Il propose enfin que le Canada gère activement la libéralisation de ses échanges avec les marchés émergents, notamment avec la Chine, afin de préserver les emplois canadiens.

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« Éduquer et soigner, une affaire intergénérationnelle » par Judith Maxwell

Nos politiques publiques doivent avoir pour premier objectif de « maximiser le mieuxêtre des Canadiens jeunes et vieux », écrit Judith Maxwell. En 2020, les baby-boomers approcheront les 75 ans, à l’aube du « quatrième âge » et ils nécessiteront des soins supplémentaires qui accentueront la pression financière sur le système de santé. Pour leur assurer les services dont ils auront besoin, il faut répondre aux besoins des jeunes générations, sur lesquelles nous compterons doublement pour stimuler la productivité et prendre soin des personnes âgées, écrit Maxwell. Or, beaucoup sont pris au piège du cycle de la pauvreté, d’un « parcours de dépendance » qui les privera le moment venu d’indemnités ou des prestations de retraite. Un phénomène qui prend sa source à l’école, où le taux de décrochage oblige les jeunes à suivre ce parcours, sans même jamais avoir droit à l’assurance-emploi pour certains. D’où ces trois priorités : un système de soins sociaux pour les personnes âgées, un soutien sans faille aux familles avec de jeunes enfants, et des parcours alternatifs permettant aux jeunes adultes de passer de l’école au marché du travail.

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« Des priorités pour un Canada progressiste » par Tom Kent

Notre premier rédacteur en chef fut en 1960 l’un des principaux organisateurs de la Conférence de Kingston, où a été lancé le programme de réformes libéral des années Pearson qui est à l’origine de l’État-providence canadien. Près d’un demisiècle plus tard, Tom Kent reste l’ardent défenseur des politiques sociales les plus novatrices, comme en témoigne son programme en trois points prévoyant une Charte de la jeunesse, la création d’emplois « intelligents » et une société fondée sur une égalité des chances accrue et des récompenses plus équitables.

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« Une architecture sociale pour le XXIe siècle » par Ken Battle

La modernisation des politiques sociales est devenue un objectif prioritaire qui nécessite de relever plusieurs défis, estime Ken Battle de l’Institut Caledon. D’abord créer un système intégré de prestations pour adultes, ensuite bonifier les prestations pour enfants, puis, mettre en place pour eux des services d’apprentissage et de garde adéquats. Le débat sur l’aide à l’enfance opposera selon lui deux visions politiques dont la première, fondée sur l’offre, est défendue par les libéraux et les néo-démocrate, qui privilégient le financement public de services d’apprentissage et de garde abordables et de qualité. Fondée sur la demande, la seconde est incarnée par les conservateurs, qui proposent de verser aux familles une aide financière directe leur permettant d’opter pour les modalités de garde de leur choix.

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« La société canadienne face à la montée de l'exclusion » par Lars Osberg

La société canadienne est devenue ces dernières années de plus en plus inégale, écrit Lars Osberg, de l’Université Dalhousie. Les pauvres se sont appauvris et les riches enrichis, poursuit-il, comme l’indique la baisse absolue des prestations d’aide sociale pour parents seuls avec un enfant. En dollars de 2004, elles ont chuté depuis 1986 de 38 p.100 dans l’opulente Alberta et de 26 p.100 en Ontario. Si nos deux provinces les mieux nanties négligent ainsi leurs citoyens défavorisés, y compris la frange la plus démunie des sansabri, on ne peut qu’imaginer la précarité que leur réservent les provinces moins privilégiées. L’Alberta renâcle pourtant aux moindres suggestions de partage, tandis que l’Ontario réclame à Ottawa 23 milliards$ en manque à gagner. D’où ce défi : celui de créer et de maintenir « les conditions gagnantes qui feront en sorte que les citoyens de toutes les régions du pays voudront préférablement faire partie du Canada en tant qu’union politique, économique et sociale ».

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« Services d'apprentissage et de garde : trois défis pour une grande priorité » par Jane Jenson

La garde hors du milieu familial est devenue la norme pour les enfants d’âge préscolaire, écrit Jane Jenson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et gouvernance au département de science politique de l’Université de Montréal. À l’exception du Québec, le Canada accuse un sérieux retard sur les pays de l’OCDE en matière d’éducation préscolaire et de développement de l’enfant. Si plus de la moitié des tout-petits sont gardés hors de leur famille, les trois quarts d’entre eux le sont en milieu familial ou par une gardienne, encore une fois sauf au Québec. « Les premiers ministres, ajoute-t-elle, ont été pris au dépourvu quand Stephen Harper a promis en campagne électorale de rétablir ce qui constitue en somme des allocations familiales, en présentant son projet comme une solution de rechange aux transferts fédéraux prévus aux ententes de principe de cinq ans. »

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« Le B.A.-BA du succès : savoir lire et compter » par Pierre Fortin

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