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« Memo to Martin - engage Canada-US relations as one of PM's 'overriding responsibilities' » par John Manley

À l’occasion d’un important discours prononcé à l’Institut canadien des affaires internationales, le 23 mars dernier à Calgary, l’ancien vice-premier ministre et ministre des Finances John Manley a vivement conseillé à Paul Martin de rétablir en priorité les relations canado-américaines au plus haut niveau. « Peu importe que George W. Bush soit impopulaire au Canada. Il est le chef élu de notre voisin du Sud, un pays qui est de loin notre principal client et dont les décisions influent sur des millions d’emplois canadiens. » Autres conseils à Paul Martin : collaborer au programme américain de défense antimissile, puisqu’il sera mené à bien avec ou sans la participation du Canada, et nommer aux États-Unis un ambassadeur qui a l’oreille du premier ministre et qui siégera au nouveau comité interministériel Canada–É.-U. Non sans ironie, rappelons que John Manley a décliné la proposition de Paul Martin d’être ambassadeur à Washington, et qu’il ne briguera aucun siège à la prochaine élection.

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« Turmoil in post-Saddam Iraq: Speed bumps or roadblocks? » par David Romano

Après sa « Lettre d’Irak » de février, David Romano témoigne sur place de l’escalade de la rébellion et de l’insécurité provoquée en avril par la multiplication des attentats suicides et les prises d’otages. Une escalade d’autant plus nuisible à la reconstruction que l’Autorité provisoire, déjà critiquée pour son impréparation et certains cas de corruption comme celui de la firme Haliburton surfacturant son carburant, est vue comme apathique et déphasée. Or chaque erreur de gouvernance accroît chez les Irakiens un sentiment d’aliénation encore amplifié par le mouvement insurrectionnel. « Dans ce cercle vicieux, note l’auteur, la brutalité d’une dictature ou d’une théocratie sembleront préférables à une situation confinant à la cruauté de l’état de nature décrit par Hobbes. » Les enjeux du passage à une souveraineté limitée, prévu pour le 30 juin, sont donc énormes. David Romano, qui dirige une équipe de chercheurs de l’Université McGill dans la région kurde du nord du pays, conclut en ces termes : « Tous les amoureux de la liberté, y compris les plus féroces détracteurs de George W. Bush, devraient souhaiter aux forces de la coalition et aux Irakiens progressistes de sortir vainqueurs de ce combat décisif. »

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« The trouble with Canada's game - goons and bumper cars on ice » par Paul Stothart

Le hockey canadien se porte mal même si ses joueurs semblent en pleine forme. Ils sont en effet si rapides et imposants que la patinoire en paraît plus petite. Avec si peu d’espace pour manœuvrer la rondelle, le hockey est devenu une sorte de course d’« autos tamponneuses » sur glace, écrit Paul Stothart, un mordu de notre sport national et ancienne vedette de hockey universitaire. Un sport où les Canadiens comptaient il y a 30 ans pour la quasi-totalité des joueurs repêchés. Or ils sont à peine plus de la moitié parmi les élus d’aujourd’hui. Les joueurs talentueux étant de plus en plus souvent recrutés en Europe et dans l’ex-URSS, les Canadiens sont surtout retenus pour leurs qualités de bagarreurs. On le sait, les mises en échec d’une rudesse inouïe sont désormais monnaie courante aux deux niveaux professionnel et junior. Fait intéressant, un joueur de la LNH sur cinq provient aujourd’hui des États- Unis, la plupart ayant bénéficié d’un système universitaire qui privilégie un style de jeu stratégique qui n’est pas sans rappeler celui pratiqué en Europe. L’auteur brosse un portrait peu reluisant d’un sport devenu fou et propose quelques remèdes susceptibles de lui rendre la santé.

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« Saskatchewan in the Calvert era: between continuity and change » par Tom McIntosh et Howard Leeson

Pendant la campagne électorale de novembre dernier, le Saskatchewan Party semblait enfin prêt à former le prochain gouvernement. Mais le NPD a finalement remporté un quatrième scrutin consécutif, exploit sans précédent depuis l’époque de Tommy Douglas. Les politologues Tom McIntosh et Howard Leeson examinent l’évolution récente de la Saskatchewan ainsi que les enjeux et défis les plus pressants auxquels cette province est confrontée. En tête de ses priorités : problèmes démographiques, crise agricole, avenir des populations autochtones et péréquation. Toutes ces questions ont cependant une dimension intergouvernementale qui nécessite une action débordant le cadre provincial. Et pour obtenir d’Ottawa ce dont elle a besoin, la Saskatchewan devra sans doute délaisser son rôle de « médiateur » entre le gouvernement fédéral et les provinces traditionnellement plus exigeantes, et adopter une ligne plus dure à l’exemple de ces dernières.

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« Ethics at home and abroad » par Thomas S. Axworthy

Le scandale des commandites et autres révélations, l’affaire des Ressources humaines par exemple, ont ébranlé comme rarement dans notre histoire la confiance de la population à l’endroit du gouvernement. Mais la quête de responsables se heurte aux dénégations répétées de politiciens et de fonctionnaires clamant leur innocence ou leur ignorance en ce qui a trait au gaspillage et à la disparition de fonds publics. Et les choses s’aggravent avec Charles Guité, le fonctionnaire chargé de l’attribution des fonds, pour qui la fin justifiait les moyens. Tom Axworthy, ancien secrétaire principal de Pierre Elliott Trudeau, ose diverger d’avis. « Nécessité fait loi, voilà bien l’argument machiavélique par excellence », s’insurge-t-il, avant d’ajouter : « Toute décision a des conséquences, et toute éthique repose sur la primauté accordée à la notion de responsabilité. » Il fait donc siennes les recommandations d’un colloque organisé par le Seneca College de York University, qui préconisait de renforcer l’obligation de rendre des comptes pour les dirigeants politiques, le Parlement et la fonction publique.

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« In praise of public service - the vanguard against corruption » par Donald Johnston

La meilleure garantie contre la corruption, qui met en péril l’efficacité et l’intégrité de la démocratie, réside dans une solide fonction publique, croit Donald Johnston, secrétaire général de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE). De strictes normes de gouvernance et d’imputabilité sont certes indispensables, mais seule une fonction publique incorruptible peut en assurer l’application. En matière de gouvernance, renchérit l’auteur, « les modèles théoriques et les beaux organigrammes ne peuvent en eux-mêmes accomplir quoi que ce soit, et j’ai toujours cru qu’il faut avant tout confier les tâches clés aux cerveaux bien préparés ». Attirer des candidats brillants et compétents nécessite toutefois « rémunération, reconnaissance et respect ». Toutefois, ce serait se leurrer de croire que la fonction publique pourra rivaliser avec le secteur privé sur la seule base des salaires offerts. On améliorerait sensiblement les choses en combinant à une rémunération intéressante une bonne gestion des carrières et de stimulants défis politiques.

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« Ensuring supreme confidence in judicial appointments » par William Johnson

L’indépendance de la magistrature est indispensable à l’intégrité de notre système judiciaire et à la confiance qu’il doit inspirer. « Seuls des magistrats indépendants peuvent assurer aux tribunaux d’être les gardiens de la Constitution et de la démocratie », soutient le président de l’Association du barreau canadien William Johnson. Et rien ne garantit mieux cette indépendance qu’un processus de nomination exempt d’esprit partisan et de manipulation politique. Le processus actuel, qui repose sur des consultations discrètes mais approfondies entre le ministère fédéral de la Justice, les procureurs généraux des provinces et le barreau, devrait guider toute initiative visant à faire participer les députés aux nominations, notamment à la Cour suprême. Si les députés du Comité permanent de la justice pourraient fort bien jouer un rôle intéressant, on évitera de leur confier la direction d’audiences publiques au risque de les voir dégénérer en farce grossière, comme c’est le cas pour les nominations à la Cour suprême des États-Unis, celles des juges Robert Bork et Clarence Thomas tout particulièrement. Au Canada, rares sont les juges qui accepteraient de voir leur réputation ternie par ce genre de démarche inquisitrice. Le président de l’ABC suggère donc au premier ministre de s’inspirer de l’excellent fonctionnement du processus consultatif actuel, en vue notamment de la désignation imminente de deux juges ontariens pour combler les deux sièges présentement vacants à la Cour suprême.

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« Ensuring supreme confidence in judicial appointments » par Donald C. Rowat

Paul Martin affirme depuis longtemps vouloir combler le déficit démocratique, et l’un des meilleurs moyens d’y parvenir serait de nommer un ombudsman fédéral agissant au Parlement comme fonctionnaire indépendant. Ce poste existe aujourd’hui dans quelques 65 pays, dont l’Australie, ainsi que dans plusieurs provinces canadiennes. Mais Ottawa fait toujours la sourde oreille cinq ans après que les ombudsmen provinciaux l’eurent exhorté à créer un tel poste. Pourquoi le gouvernement fédéral tarde-t-il tant à répondre à leur demande ? Le mystère reste entier, selon Donald Rowat, spécialiste de la question. Maintenant qu’il tient les rênes du pouvoir, Paul Martin dispose pourtant d’une occasion en or de tenir son engagement et de laisser un héritage politique signifiant en instituant cette fonction.

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« Democratic deficit? What democratic deficit? » par Charles Caccia

L’expression « déficit démocratique » implique que les députés jouent un rôle peu utile et crée l’impression d’une situation antidémocratique, écrit le député libéral de longue date Charles Caccia. Les députés ont pourtant de nombreuses occasions d’influencer les décisions et les programmes politiques, que ce soit à la Chambre des communes ou dans les comités chargés d’examiner les projets de loi. Occasionnellement, ils peuvent même déposer un projet de loi privé, comme en 1964, lorsqu’un député néophyte du nom de Jean Chrétien a fait changer pour Air Canada le nom de la compagnie Trans- Canada Airlines. Chaque député est aujourd’hui parfaitement en mesure de jouer un rôle décisif, conclut Charles Caccia, en participant aux nombreux aspects du processus politique.

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« Comment mettre fin au patronage à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié ? » par France Houle

La justice administrative joue un rôle important dans la régulation des sociétés contemporaines. Pourtant, observe France Houle, le processus de sélection et de nomination des juges administratifs est souvent défaillant, ce qui mine leur crédibilité, leur légitimité et leur indépendance. À ce chapitre, elle est d’avis que les directives récemment adoptées pour mieux encadrer la sélection des commissaires de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) ne mettront pas fin aux nombreux problèmes qui minent la Commission depuis sa création. Le nouveau comité consultatif chargé d’évaluer les candidatures et de faire des recommandations au ministre risque encore d’être un lieu de patronage, cependant que les critères de sélection des candidats ne garantissent pas que tous les commissaires posséderont les qualifications pertinentes à l’exercice de leurs fonctions. Pour parer aux lacunes les plus flagrantes du système, elle recommande entre autres la création d’un comité indépendant dont la composition serait publique ; l’ajout de critères visant à évaluer les connaissances et l’expertise acquises relativement aux questions migratoires ; et enfin, l’adoption de mandats de sept ans fixes, non renouvelables, avec une période de probation d’un an.

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« Les commandites : un scandale essentiellement politique » par Yves Boisvert et Jean-Patrice Desjardins

Depuis le dépôt du rapport de la vérificatrice générale en février dernier, le scandale des commandites fait la une des journaux et nourrit le cynisme des citoyens à l’égard des politiciens et des institutions politiques. Or, les audiences du Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes ne font rien pour arranger les choses, affirment Yves Boisvert et Jean-Patrice Desjardins, qui font ici un bilan de mi-parcours des travaux de ce comité. À leur avis, les témoignages entendus à ce jour indiquent que ce scandale est d’abord politique, plutôt qu’administratif. Il faut souhaiter que la commission spéciale dirigée par le Juge Gomery permettra réellement de tirer les choses au clair, concluent-ils. En attendant, le premier ministre Martin doit sortir de son mutisme et expliquer comment à titre de vice-président du Conseil du Trésor, il a pu autoriser un tel dérapage.

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« A toast to the independent audit » par Joseph Heath

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« Good policy is good politics - why Canada needs bank mergers now » par Stanley H. Hartt

On connaîtra d’ici le 30 juin la nouvelle politique d’Ottawa sur les fusions bancaires. Selon l’auteur, il est temps de lâcher du lest en autorisant les regroupements dans le secteur des services financiers, au risque de dire adieu aux nombreuses entreprises canadiennes qui devront faire financer leur croissance internationale à l’étranger. « Le statu quo priverait la prochaine génération d’emplois de haut niveau liés aux sièges sociaux, assure un éminent banquier canadien et ancien mandarin des finances, non seulement dans le secteur bancaire mais dans toutes les sociétés qui ont besoin de l’appui de banques de calibre mondial ». En 2003, les banques d’affaires étrangères touchaient déjà 43 p. 100 des frais bancaires d’investissement sur les transactions internationales des sociétés canadiennes. Et si nos banques ont prospéré depuis dix ans en termes de capital, toutes ont disparu de la liste des grandes banques mondiales : en 1990, trois d’entre elles figuraient parmi les 50 premières, aucune en 2003. Stanley Hartt en est convaincu : seules les fusions permettront aux banques canadiennes de regagner leur place dans l’économie mondiale.

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« FTAs and sovereignty » par Thomas J. Courchene

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Passages : Who Killed the Canadian Military? par J.L. Granatstein

« Qui a tué l’armée canadienne ? », s’interroge l’éminent historien canadien Jack Granatstein, qui a coiffé de ce titre provocant son dernier ouvrage (Who Killed the Canadian Military?). Tous les premiers ministres depuis Diefenbaker, répond-il, qui ont successivement amoindri ou déconsidéré le rôle de cette institution chargée d’assurer notre sécurité et de défendre l’intérêt national. Déjà érodées au lendemain de la guerre froide avec 90 000 soldats au début des années 1990, les Forces canadiennes ont vu depuis cet effectif décroître de moitié alors qu’apparaissait l’imprévisible menace du terrorisme international. Tandis que s’étiolait leur armée et que rouillaient ses équipements, les Canadiens ont continué d’investir leur pays du rôle de gardien de la paix qui avait valu le prix Nobel de la paix à Lester B. Pearson, distingué pour avoir proposé en 1956 une force d’urgence des Nations unies au Moyen-Orient. Or, il est beaucoup plus complexe et périlleux de « garder la paix » dans le monde actuel que ce n’était le cas alors. Dans ce passage exclusif de son best-seller, Jack Granatstein soutient que Lester B. Pearson aura involontairement contribué à l’affaiblissement de l’armée canadienne.

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Compte rendu: Lawrence McDonough critique Who Killed the Canadian Military? par J.L. Granatstein

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Compte rendu: John J. Noble critique On Six Continents: A Life in Canada's Foreign Service par James Bartleman

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« Our attitude on Iraq is clear: What's our policy? » par William Watson

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