| « Le mot du rédacteur » (PDF) par William Watson | |
| « Should we end prohibition? » par Scott Reid | |
| « Liberal morality and the myths of drug criminalization » par Christopher P. Manfredi | |
| « Canada as a one-party state » par Richard Gwyn | |
| « What kind of federalism do Canadians (outside Quebec) want? » par Fred Cutler et Matthew Mendelsohn | |
| « Give mom and dad a break: Family-friendly tax options for Canada » par Ken Boessenkool | |
| « Make school boards pay when kids don't learn » par Rodney A. Clifton | |
| « Lament for a nation-all over again? » par Irving Brecher | |
| « Access to foreign R&D should not undermine domestic R&D efforts » par Walid Hejazi | |
| « The PR path to decentralization » par Brian Fitzgerald | |
| « Good tax policy requires good tax statistics. Why can't we do better? » par Alan Macnaughton et Thomas Matthews | |
| « Joe Clark: Last man standing » par Richard Nielsen |
« Should we end prohibition? » par Scott Reid Les effets physiques et psychologiques de nombreuses substances interdites ne sont pas plus nuisibles que ceux qu’on attribue à certaines drogues récréatives légales comme la caféine et l’alcool. Or, comme l’a montré dans les années 1920 la prohibition de l’alcool aux États-Unis, cette interdiction entraîne plusieurs conséquences : dispersion des ressources policières et judiciaires, augmentation extrême et artificielle des prix, hausse de la criminalité chez les toxicomanes, et impossibilité pour le secteur privé de créer les produits et institutions qui s’attaqueraient aux graves problèmes sociaux causés par la toxicomanie. Dans la première moitié du XXe siècle, c’est au niveau régional qu’on décidait au Canada de prohiber ou non la consommation d’alcool, souvent en consultant directement les électeurs par plébiscite. Nous devrions envisager de renouer avec ce processus décisionnel. « Liberal morality and the myths of drug criminalization » par Christopher P. Manfredi La législation canadienne sur l’usage des stupéfiants nécessite sans doute de légères modifications, mais elle doit être maintenue. Les incarcérations pour infractions liées à cet usage restent peu nombreuses, les coûts de la « guerre à la drogue » sont minimes, et l’on ne réduirait que faiblement les dépenses liées à la prohibition en remplaçant la réglementation actuelle. La consommation de drogue réclame des gouvernements une intervention fondée sur des sanctions judiciaires, la loi ayant des fins normatives et non simplement utilitaires. Elle contribue à la formation des caractères en jouant un rôle d’éducation morale, aspect essentiel de la tâche de gouverner. Les principes et la prudence réduisent la latitude des gouvernements dans l’exécution de cette tâche, mais ils n’en suppriment pas la nécessité. « Canada as a one-party state » par Richard Gwyn Le Parti libéral du Canada domine la vie politique canadienne depuis déjà plusieurs décennies. Mais pour la majeure partie de cette période, au moins existait-il une opposition pouvant légitimement prétendre le remplacer à la tête du gouvernement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette domination d’un même parti n’est sans doute pas aussi nuisible qu’il n’y paraît : notre société ne manque pas de foyers de dissension et, surtout, l’affaiblissement de notre démocratie s’explique par des raisons qui ont peu à voir avec le nombre de partis aptes à gouverner. Mais elle n’a rien d’un signe de santé. À défaut de rétablir une véritable concurrence électorale, nous devrions au moins favoriser l’indépendance d’esprit parmi l’ensemble des députés, ceux du parti au pouvoir comme de l’opposition. « What kind of federalism do Canadians (outside Quebec) want? » par Fred Cutler et Matthew Mendelsohn L’examen détaillé des résultats d’un nouveau sondage réalisé en Alberta et en Colombie-Britannique suggère une faible adhésion des Canadiens vivant hors du Québec au principe du fédéralisme. Ils semblent ainsi méconnaître ou appuyer sans conviction l’actuelle division des pouvoirs, s’intéressant tout aussi peu à la répartition qu’au renforcement des pouvoirs exercés par les différents ordres de gouvernement. Dans les domaines importants, ils se préoccupent avant tout de résultats et jugent que la meilleure façon d’en obtenir consiste pour les gouvernements à resserrer leur coopération plutôt qu’à maintenir leur souveraineté dans leurs propres sphères. Mais ces Canadiens semblent peu enclins à reconnaître que toute coopération entraîne inévitablement des conflits et que, même exercée de bonne foi, elle rend plus difficile l’imputation de responsabilités précises à un gouvernement en particulier. « Give mom and dad a break: Family-friendly tax options for Canada » par Ken Boessenkool Le système fédéral d’impôt sur le revenu est plus avantageux pour les familles à deux revenus qu’à un seul revenu, et pour les familles sans enfants qu’avec enfants. Plusieurs stratégies permettraient au gouvernement fédéral de corriger cette anomalie selon les axes suivants : accorder des déductions par enfants et non des crédits; adopter un taux d’imposition fixe, c’est-à-dire un barème sans tranches de revenus, assorti d’une augmentation des exemptions personnelles et de leur uniformisation pour les soutiens de famille et ceux qui ne le sont pas. « Make school boards pay when kids don't learn » par Rodney A. Clifton La généralisation à l’enseignement primaire et secondaire d’un système de bon est globalement décriée par les enseignants et directeurs des écoles publiques. Un tel système s’applique en outre difficilement en régions rurales, où la faible densité de population ne favorise guère la concurrence entre établissements privés. Aussi devrait-on modifier ce système pour faire en sorte que les conseils d’écoles publiques paient la note des cours privés de rattrapage chaque fois que des examens indépendants financés par les parents montrent qu’un élève a plus de deux années scolaires de retard. En payant ainsi pour les lacunes de l’enseignement public, les contribuables seraient fortement incités à en assurer l’efficacité. « Lament for a nation-all over again? » par Irving Brecher Depuis un demi-siècle, chacune des réformes politiques mises en œuvre par le Canada a donné lieu à une série d’avertissements selon lesquels la moindre innovation—du libre-échange à la Charte des droits et libertés—sonnerait le glas de l’indépendance canadienne. En réalité, le Canada possède et privilégie un ensemble de valeurs et d’institutions qui se démarquent à maints égards de celles de nos voisins du Sud. Et aucune des réformes dont il est actuellement question— union monétaire, ventes d’eau ou mesures d’harmonisation des frontières—n’y changera rien. « Access to foreign R&D should not undermine domestic R&D efforts » par Walid Hejazi La recherche-développement (R-D) industrielle produisant des retombées bien connues, certains observateurs soutiennent que le Canada doit cesser de la subventionner pour miser uniquement sur les transferts technologiques. Des analyses révèlent ainsi que la R-D dont nous bénéficions par l’entremise des investissements étrangers ou des produits d’importation stimule davantage la productivité du pays que notre propre R-D. Mais cela ne signifie pas que nous devons cesser d’encourager la R-D canadienne : nous ne pouvons en effet compter sur la pleine disponibilité de la R-D de nos concurrents directs, pas plus que nous n’avons la certitude de profiter des nombreux talents et connaissances qui nous proviennent des multinationales étrangères. « The PR path to decentralization » par Brian Fitzgerald Certains préconisent la représentation proportionnelle (RP) pour résoudre bon nombre des problèmes politiques qui affligent le Canada, la plupart de ses partisans faisant valoir l’encourageante stabilité des démocraties du nord de l’Europe. Or, aucun de ces pays ne souffre de divisions régionales ou ethniques comme en connaît le Canada. Dans trois pays où de telles divisions existent— la Belgique, l’Italie et l’Espagne—, l’application de la RP est beaucoup moins convaincante. Lors des négociations visant à déterminer le parti qui formera le gouvernement, les partis régionaux y ont bradé leur appui en échange d’une décentralisation des pouvoirs. La même chose pourrait se produire ici. « Good tax policy requires good tax statistics. Why can't we do better? » par Alan Macnaughton et Thomas Matthews Une bonne analyse nécessite d’excellentes données. Or, les chercheurs américains disposent de meilleures données pour étudier les politiques fiscales de leur pays, d’où l’impression d’analyses plus approfondies que les nôtres. De fait, ils peuvent analyser les réactions individuelles face à leurs politiques fiscales grâce aux données relatives aux particuliers, que les États-Unis rendent publiques sans toutefois révéler l’identité des citoyens. Des données qui sont divulguées au Canada à la seule discrétion du ministère des Finances, ou par suite de démarches personnelles auprès de Statistique Canada. Quant au sommaire annuel des données fiscales, consignées dans le Livre vert de l’Agence des douanes et du revenu du Canada, il ne paraît plus en version imprimée et n’a même pas été produit au cours des dernières années. Il va sans dire qu’une approche plus ouverte en matière de divulgation des données favoriserait grandement la recherche sur nos politiques fiscales. « Joe Clark: Last man standing » par Richard Nielsen Les pragmatistes à courte vue dominent notre vie politique. Et leurs partis multiplient les cafouillages à force de singer l’opportunisme éhonté mais d’une stupéfiante efficacité des libéraux fédéraux. Où trouver quelqu’un qui fonderait son action politique sur la vision historique des conservateurs, faite de justice et de liberté ? En réalité, un homme incarne cette vision, il vient de High River, circonscription de Calgary Centre. |