« A remarkable turnaround with more work still to do » par Thomas J. Courchene La performance fiscale du Canada s’est grandement améliorée sous le mandat de Paul Martin, comme en font foi la baisse de 20 p. 100 du rapport dette-PIB, le retour à l’équilibre budgétaire et l’effort de capitalisation des régimes de retraite. Les Canadiens en récoltent aujourd’hui les fruits. Mais il reste d’importants défis à relever dans la nouvelle économie de l’information et du savoir qui est la nôtre. Entre autres impératifs, le Canada devra offrir un taux d’impôt concurrentiel sur les facteurs mobiles, privilégier les taxes à la consommation, relever le niveau de ses compétences et de son capital humain. Surtout, il devra s’attaquer au problème grandissant du déséquilibre fiscal aussi bien vertical qu’horizontal, et répondre aux besoins fiscaux des cités-régions. « The lost opportunities of Paul Martin-A PC view » par Scott Brison On crédite généralement Paul Martin d’avoir grandement contribué à la croissance économique et à l’élimination des déficits, mais ces progrès résultent surtout de décisions et de politiques prises par le gouvernement Mulroney. Du reste, Paul Martin a négligé de s’attaquer à de graves problèmes apparus durant son mandat, notamment la chute du dollar, la faible croissance de la productivité et la hausse de la dette des ménages. Ce sont ces négligences qui constituent son véritable héritage. « A record based on good spin-An Alliance view » par Charlie Penson De nombreux observateurs jugent que Paul Martin et Jean Chrétien ont des convictions diamétralement opposées en matière de politiques publiques. En vérité, tous deux manient le même opportunisme politique au détriment de bonnes politiques publiques. Leur bilan respectif a tout simplement été embelli grâce à d’efficaces stratégies de communication. La baisse du déficit qu’on a partout louangée est dûe aux coupes radicales dans les transferts aux provinces, et les baisses d’impôt ne sont intervenues qu’après les pressions exercées par l’Alliance canadienne. « Martin: communicator and consensus builder-A Liberal view » par Roy Cullen Paul Martin est surtout connu pour avoir été le ministre des Finances responsable de l’élimination du déficit. Mais il a de surcroît réduit la dette fédérale de 40 milliards de dollars, baissé les impôts et contrôlé les dépenses gouvernementales. Le tout grâce à sa ténacité, à ses talents de communicateur et à sa préférence pour le travail d’équipe. « Exploring the issue of Russell Mills' firing » Entrevue avec Peter Desbarats Voici une retranscription légèrement révisée d’une entrevue avec Peter Desbarats, ancien directeur de l’École de journalisme de l’université Western Ontario, qui a aussi travaillé pour le réseau Global Television. Plus tôt en carrière, M. Desbarats avait été journaliste politique principal au Winnipeg Tribune, au Montreal Star et au Toronto Star. L’entrevue a été diffusée le 22 juin 2002 dans le cadre de l’émission de radio The House, animée sur les ondes de la CBC par Anthony Germain, tous les samedis de 9 heures à 10 heures. « The prime minister had nothing to do...with the termination of Russ Mills » Entrevue avec Leonard Asper Voici la retranscription légèrement révisée d’une entrevue avec Leonard Asper, président-directeur général de CanWest Global, réalisée par Peter Mansbridge et télédiffusée le 20 juin dernier à 23 heures au grand journal télévisé de la chaîne CBC, The National. « So, was it any different before the Aspers bought the Southam newspapers? » par James Ferrabee Le secteur des médias, celui de la presse écrite en particulier, a radicalement changé depuis 20 ans, en raison notamment de sa moindre rentabilité. D’autres acteurs se sont accaparé une grosse part du marché de l’information, des magazines à créneau aux chaînes de télé spécialisées. Un phénomène appelé à s’amplifier dans les 10 années à venir, pour ce qui est à la fois de la propriété et du contenu des médias traditionnels. « Concentration with Convergence-Goodbye, Freedom of the Press » par Tom Kent L’indépendance de la presse apporte l’information et la diversité d’opinion nécessaire pour prendre des décisions éclairées. Or, les processus de concentration et de convergence des médias ont mis à mal cette condition fondamentale au bon fonctionnement de la vie démocratique. Pour s’assurer de conserver sa principale source de revenus, la télé, une entreprise propriétaire à la fois d’un journal quotidien et d’un réseau de télévision n’a aucun intérêt à imprimer quoique ce soit qui pourrait envenimer ses relations avec les élus gouvernementaux, ceux-là même qui, en dernier ressort, décideront du renouvellement de sa licence. En définitive, la convergence des médias plutôt que d’accroître la liberté de presse, l’a diminuée. Si le phénomène de concentration semble trop bien ancré pour être renversé, la convergence peut être arrêtée par une intervention législative adéquate. Pour assurer la liberté de la presse écrite, il faut interdire la propriété conjointe d’un télédiffuseur et d’un quotidien. « Canadian softwood lumber: What is the significance of the recent Canadian victory before the WTO? » par Marc Benitah Le groupe spécial de l’OMC qui a entendu le litige sur le bois d’œuvre qui oppose le Canada et les États-Unis a tranché fin juillet en faveur de notre pays. Le critère de l’ « avantage conféré » a joué un rôle décisif dans cette décision et les États-Unis ont pris un risque en utilisant une méthodologie douteuse pour tenter de démontrer l’existence de cet avantage. Mais en dépit de cette victoire initiale dans un différend interminable, l’entente qui réglera le tout est loin d’être conclue. « Robert Bourassa et l'économie du Québec » par Pierre Fortin Que ce soit en termes d'emploi, d'investissement ou de fiscalité, le Québec a connu un développement économique soutenu à compter du milieu des années 1980, ce qui lui a permis de combler en bonne partie l'écart qui le séparait de son voisin et plus sérieux concurrent, l'Ontario. Premier ministre du Québec de 1970 à 1976 et de 1986 à 1993, Robert Bourassa a grandement contribué à cet essor grâce à une vision économique claire et soutenue. En dépit des embûches politiques, sociales et économiques qu'il a rencontrées au cours de ses mandats, le bilan de son action politique est nettement positif. Parmi ses réalisations les plus structurantes, on compte l'adoption de la Loi sur le maintien des services essentiels, le développement hydro-électrique de la Baie James, une fiscalité des particuliers plus progressive, l'adoption de la Loi sur l'assurance-maladie ainsi qu'une ouverture marquée envers l'investissement privé. « Corporate governance policy and the case for caution » par John S. McCallum La crise qui frappe la gestion des entreprises américaines soulève des questions auxquelles doivent répondre les décideurs canadiens, même si les problèmes sont moins aigus au Canada. Mais puisque notre pays semble disposer d’un meilleur délai pour élaborer de nouvelles règles de gestion d’entreprise, l’auteur suggère à nos décideurs de réfléchir à ce dicton : primus non nocere, « Avant tout, ne faire aucun mal. » « Contracts between physicians and governments need to change to reform our primary care system » par David Kelly Les derniers rapports concernant l’avenir de l’assurance-maladie insistaient sur la nécessité de réformer en priorité les soins médicaux de première ligne. Or, toutes les tentatives pour ce faire ont jusqu’ici échoué. Pour réussir, il faudra s’attaquer à la question de la rémunération des médecins, laquelle n’offre aucune incitation à fournir un meilleur service. Le prix à payer pour obtenir les soins de qualité que nous désirons pourrait bien consister à autoriser la pratique privée pour certains médecins. « Are there any convincing economic reasons for electricity privatization and deregulation in Ontario? » par Stephan Schott L’électricité est une ressource vitale, et l’énergie un secteur indispensable au fonctionnement de l’économie et de la société. Or, l’Ontario prépare actuellement la déréglementation et la privatisation de ce secteur, même en l’absence de signes convaincants de leurs avantages pour la population. On devrait plutôt entreprendre une longue période d’étude et de planification qui permettra d’éviter des problèmes très difficiles à résoudre une fois le projet mis en œuvre. « Conference illustrates the promise of federalism and how, on occasion, it can bring hope and reconciliation » par Hugh Segal Aux côtés notamment du Canada, du Mexique et de la Grande-Bretagne, 38 pays aussi divers que le Sri Lanka et la Roumanie se sont réunis dernièrement en Suisse à l’occasion d’une conférence sur les enjeux et les avantages du fédéralisme. Tout comme les démocraties sont entre elles inégalement démocratiques, les États fédéraux ne le sont pas tous de la même manière. Mais la rencontre aura mis en lumière une approche de la gouvernance fédérale capable de susciter espoir et réconciliation, à condition de s’appuyer sur des valeurs démocratiques communes à l’ensemble des pays. « The tories turn from personalities to policy matters » par Graham Fox Le Parti progressiste-conservateur s’est récemment réuni à Edmonton, tout juste quelques semaines après que Joe Clark eut annoncé son intention d’en quitter la direction. Délaissant donc la question du leadership, tout comme celle d’une éventuelle fusion avec l’Alliance canadienne, les participants ont pu se concentrer sur une série d’enjeux politiques comme la réforme du système de santé, la réaffirmation de la position du Canada dans le monde ou la nécessité de réformer nos institutions démocratiques, cherchant ainsi les moyens de rétablir le lien entre le gouvernement et les citoyens qui l’ont élu pour représenter leurs intérêts. |