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« Protecting Canada's eggs in the US basket » par Allan Gotlieb Environ le tiers de la production du Canada, soit 85 p. 100 de ses exportations, prend la route des États-Unis. Avec autant d’œufs dans le même panier, nous devrions en toute priorité assurer leur protection en faisant la promotion de nos intérêts aux États- Unis, affirme Allan Gotlieb, ancien ambassadeur du Canada à Washington. Autrefois partisan d’une approche étapiste en ce qui concerne la gestion de nos rapports avec les États-Unis, l’auteur estime aujourd’hui que le Canada se défend mieux en mettant de l’avant des projets d’envergure, comme il l’a fait dans les années 1980 avec l’Accord de libre-échange Canada–É.-U. Dans un discours majeur prononcé devant l’Institut économique de Montréal, il a soutenu que les États-Unis pourraient se montrer réceptifs à un autre projet du genre, à condition qu’il serve leurs intérêts autant que les nôtres. « Les uns et les autres » par Alain Noël [sommaire non disponible] « Issues and answers - the perils of forecasting presidential elections » par David T. Jones De Woodrow Wilson à George W. Bush, la politique étrangère mise en œuvre après une élection présidentielle correspond rarement à celle qu’avait défendue en campagne le candidat élu. Le plus souvent, l’histoire vient imposer d’autres choix qui influent profondément sur le pays et ses alliés, le Canada notamment. Malgré ses promesses, Wilson a ainsi engagé les États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Et en 2000, George W. Bush a fait campagne contre un agenda nationaliste, avant que ne soient commis les attentats du 11 septembre. En fait, soutient l’ancien diplomate américain David Jones, le résultat des élections présidentielles influe beaucoup moins que les observateurs le croient, ou l’espèrent, sur la politique étrangère américaine ou le commerce international. Le Canada verra-t-il tant de choses changer selon que George W. Bush ou John Kerry se retrouve à la Maison-Blanche ? Beaucoup moins qu’on l’imagine, conclut l’auteur. « Choosing an American president: Canadians can't be indifferent but may not like the outcome » par John Parisella L’élection présidentielle du 2 novembre sera la première depuis les attentats du 11 septembre et son vainqueur sera celui qui, de George W. Bush ou de John Kerry, aura convaincu le plus grand nombre de sa capacité de protéger les États-Unis contre le terrorisme et de gérer le conflit irakien. John Kerry a facilement remporté les primaires de l’hiver et du printemps dernier mais c’était contre Howard Dean, un adversaire moins coriace. Or George Bush a refait surface depuis l’été et conquis une solide avance sur Kerry, lequel tarde à définir un message clair et laisse ses rivaux définir son image. Pour les électeurs qui veulent savoir ce que les deux candidats leur réservent, il est décevant de voir la campagne dégénérer en viles accusations sur le rôle qu’ils ont joué il y a 35 ans au Vietnam. Nos intérêts étant étroitement liés à ceux des États-Unis, les Canadiens ne sauraient être indifférents à cette élection et, d’ailleurs, ils ne le sont pas : 61 p. 100 d’entre eux appuieraient John Kerry, selon un sondage Léger Marketing réalisé en août, George Bush ne recueillant que 16 p. 100 d’appuis. Nos compatriotes risquent donc d’être déçus, croit le stratège John Parisella. L’ancien chef de Cabinet de Robert Bourassa a assisté aux deux conventions démocrate et républicaine, suivant de très près les primaires démocrates. Il pronostique ici le dénouement de la campagne présidentielle. « Why are the Democrats such losers? » par Robin V. Sears Le stratège Robin Sears, qui a une certaine expérience de l’échec pour avoir dirigé plusieurs campagnes nationales du NPD, a assisté aux conventions démocrate et républicaine tenues à Boston et à New York. Entièrement scénarisés pour la télévision, ces événements offrent peu de surprises mais attirent des foules énormes : milliers de délégués et leur famille, autant de journalistes et de représentants de lobbys, sans compter les manifestants qui se donnent rendez-vous sur place. Célébrités et réceptions à foison complètent le tableau. Et si George W. Bush a fait un bond d’une dizaine de points dans les sondages au lendemain de la convention de septembre, John Kerry s’est contenté avant lui d’une infime hausse de popularité. Mais selon l’auteur, les démocrates sont aux prises avec des problèmes autrement plus graves et récurrents que la difficile campagne de Kerry. Depuis 1936, ils n’ont réussi qu’une fois (en 1996 avec Bill Clinton) à faire réélire un président. Et nombre de leurs victoires pour un premier mandat ont pour ainsi dire été accidentelles. En fait, la dernière coalition démocrate ayant exercé le pouvoir remonte à celle mise en place par Franklin D. Roosevelt car elle offrait une vision dans laquelle se reconnaissait la classe moyenne américaine. C’était il y a trois générations. « La partie est-elle jouée d'avance ? Les prévisionnistes et certaines tendances Lourdes annoncent une victoire de Bush » par Pierre Martin et Richard Nadeau In Canada and elsewhere, opposition to the incumbent president of the US is widespread — this reality is reflected in a recently published poll conducted in some 35 countries. Given the forecasts that were made public by election experts at last September’s American Political Science Association conference, a rude awakening seems to be in the making. All but one expert attributes a majority of the popular vote to George W. Bush with the dissenting opinion conferring a virtual tie to the two main protagonists. Are these predictions reliable? As Pierre Martin and Richard Nadeau note, a similar exercise had predicted a win for democratic presidential candidate Al Gore in 2000. The authors present the main predictive models used to foretell George W. Bush’s victory. They then proceed to review the main elements that help explain this surprising level of support in lieu of the incumbent’s poor economic performance and his unpopularity with a large segment of the US electorate. « Whose divergence? Canada-US relations in a period of Jacksonian ascendancy » par David G. Haglund Walter Russell Mead établit quatre écoles de politique étrangère américaine : hamiltonienne, wilsonienne, jeffersonienne et jacksonienne. Les hamiltoniens, école dominante à laquelle appartenait George Bush père, croient aux alliances et à un ordre mondial reposant sur des institutions réglementées. Les wilsoniens croient en un ordre idéal qui inciterait les autres démocraties à reproduire l’expérience américaine. Les jeffersoniens estiment que la meilleure politique étrangère est celle qui consiste à perfectionner la démocratie intérieure au lieu de l’exporter. Et si George Bush fils s’est montré jeffersonien lors de la campagne 2000, affirmant en substance que les États- Unis minimiseraient leur engagement international, les attentats du 11 septembre l’ont converti au quatrième modèle jacksonien, écrit David Haglund. Partisans d’une prompte riposte à tout assaut contre « les intérêts, institutions et communautés de l’Amérique », ses adeptes forment une « caste guerrière » qui, une fois un conflit engagé, « iront jusqu’au bout sans reculer devant la perspective d’une guerre totale ». Depuis le 11 septembre 2001, c’est sous cet angle jacksonien qu’il vaut d’analyser les relations canado-américaines. « Letter from America » par Jeffrey Stacey [sommaire non disponible] « Bridging the democratic divide - creating a sense of civic engagement » par Wayne Hunt Rien n’est plus urgent que de combler l’écart démocratique entre citoyens qui votent et abstentionnistes. Le plus troublant, note Wayne Hunt, c’est que la plus forte poussée démographique s’observe chez les moins de 25 ans, soit la tranche d’âge où l’abstention est la plus répandue. Au-delà du simple geste de voter tous les quatre ans, il faut inculquer un esprit civique qui incite chacun à participer plus activement aux affaires de ce monde postmoderne. La génération X a mûri, elle maîtrise les technologies de l’information et transforme les institutions qui se dressent entre ses représentants et l’action sociale. Or la politique de l’ère postmoderne doit supprimer les intermédiaires. D’où l’intérêt de la proposition de créer un corps canadien, faite par Paul Martin dans son discours du trône de février, qui puisse canaliser l’énergie et l’idéalisme des Canadiens de tout âge. « Expanding the federal democratic reform agenda » par F. Leslie Seidle Paul Martin, le candidat à la direction du Parti libéral, a inscrit la réforme électorale au menu politique du pays en parlant du « déficit démocratique » et du besoin de renforcer le rôle des parlementaires. Paul Martin, le chef d’un gouvernement libéral minoritaire, se retrouve toutefois dans l’impossibilité de choisir et moins encore de nommer les présidents des comités d’une Chambre des communes contrôlée par l’opposition. Une variété de questions liées à la réforme annoncée ont ainsi gagné en complexité depuis l’élection d’un gouvernement minoritaire, qu’il s’agisse des conditions d’autorisation des votes libres ou du processus de révision parlementaire des nominations à la Cour suprême. Sans oublier la réforme du Sénat ou le mouvement, dans certaines provinces, en faveur d’un régime mixte de représentation proportionnelle et de scrutins à dates fixes. Associé principal de recherche à l’IRPP, Leslie Seidle rend compte des différents enjeux de la réforme de nos institutions démocratiques. « Proportional representation is likely to create more problems than it would solve; the single transferable vote offers a better choice » par Daniel Pellerin et Patrick Thomson L’élection du nouveau parlement, où les principaux partis ont plus de sièges que le pourcentage des votes qu’ils ont obtenus, a relancé le débat sur la réforme du mode de scrutin et on a vu se multiplier les appels en faveur d’une certaine forme de représentation proportionnelle (RP). Mais la RP n’est pas non plus sans défauts, notent Daniel Pellerin et Patrick Thomson. Parmi ses conséquences immédiates, elle entraînerait probablement l’émergence d’une coalition PLC-NPD qui deviendrait « la nouvelle base de la politique canadienne ». Et d’innombrables « partis dissidents » présentement inexistants pourraient bien voir le jour et exiger leur place à la Chambre des communes. Si des pays comme la Nouvelle-Zélande n’ont certes pas sombré dans le chaos après l’adoption d’un régime mixte de RP, on a observé ailleurs l’instabilité et la stagnation propres à ce mode de scrutin. Une solution de rechange, privilégiée par l’Irlande et l’Australie, pourrait résider dans l’adoption du vote unique transférable avec circonscriptions à plusieurs élus. « Canada needs a law and an independent commissioner to protect whistleblowers » par Donald C. Rowat Le Canada traîne sérieusement derrière les États-Unis et autres grandes démocraties comme le Royaume-Uni et l’Australie au chapitre des lois et pouvoirs visant à protéger les dénonciateurs d’irrégularités. À la lumière de l’affaire Radwanski et du scandale des commandites, Ottawa a déposé en mars dernier un projet de loi prévoyant la désignation d’un commissaire à l’intégrité qui aurait relevé d’un ministre plutôt que d’être un représentant indépendant du Parlement. Ce projet est mort au feuilleton avec le déclenchement des élections, et il reste à voir si le gouvernement minoritaire de Paul Martin saura le ressusciter et le renforcer. Autorité en matière de dénonciateurs et d’ombudsmans, Donald C. Rowat prodigue ici au premier ministre quelques judicieux conseils. « Putting accountability and responsibility back into the system of government » par C.E.S. Franks En l’absence de responsabilités préétablies, le Comité des comptes publics a peutêtre trébuché sur les origines du scandale des commandites simplement parce que chacun a pu nier avoir eu connaissance d’irrégularités. La notion de responsabilité ministérielle est très ambiguë au Canada étant donné qu’il revient au seul ministre de rendre des comptes sur les dépenses d’un programme engagées par son ministère pendant qu’il était en fonction, et que les sous-ministres relèvent uniquement de ce ministre et non du Parlement. Spécialiste en la matière, C.E.S. Franks suggère de s’inspirer du véritable modèle britannique suivant lequel soit le ministre ou le sous-ministre rendent des comptes, alors que « les agents comptables s’acquittent à titre personnel d’une responsabilité qu’ils conservent même s’ils changent de fonction ou prennent leur retraite ». « An American secession » par Joseph Heath [sommaire non disponible] « Getting used to Bush » par William Watson [sommaire non disponible] |