![]() |
« Peter Jennings - an appreciation » par Anthony Wilson-Smith Peter Jennings cultivait une vision du monde et des convictions journalistiques façonnées par ses racines canadiennes, tant personnelles que professionnelles. Anthony Wilson-Smith rappelle que Jennings pensait que les journalistes d’ici étaient parfois mieux à même de couvrir l’actualité internationale que leurs confrères américains, qui « voyaient leur pays comme le principal acteur de l’échiquier mondial (...), tandis que les Canadiens comprenaient mieux leur rôle d’observateurs ». D’une insatiable curiosité, ce grand perfectionniste a toujours su obtenir ce qu’il voulait dans ses fonctions de présentateur de l’émission « World News Tonight », sur la chaîne ABC. Wilson-Smith rend ici un vibrant hommage à Peter Jennings, évoquant le raffinement du personnage public et la discrète générosité d’un géant du journalisme dont les Canadiens étaient extrêmement fiers. « Fundamentalism on the right: the road to another defeat » par Robin V. Sears Autant les électeurs canadiens aspirent au changement après quatre gouvernements libéraux consécutifs, autant ils renâclent à élire les conservateurs de Stephen Harper. Dans les villes surtout, ils s’inquiètent des positions de ce dernier sur des questions sociales comme le mariage homosexuel. Quant aux électeurs traditionnels du Parti conservateur, ils s’interrogent sur l’incapacité de leur chef de miser vraiment sur des enjeux comme la défense et la fiscalité. À l’occasion de la rentrée parlementaire, Robin Sears recense les défis qui attendent Stephen Harper, un leader qui préfère manifestement la pureté au pouvoir, dans un pays qui préfère le compromis aux convictions. « The Conservatives and the minority House: a tale of two Harpers » par Graham Fox Au cours des six premiers mois du présent gouvernement minoritaire, Stephen Harper a su renforcer l’union de la droite, nommer à son cabinet fantôme des membres prometteurs de son caucus et neutraliser la droite extrême de son parti au congrès de Montréal. Les six mois suivants ont été moins reluisants. Le chef conservateur a tout misé sur la défaite des libéraux lors d’un vote de confiance perdu par une seule voix, celle de la transfuge Belinda Stronach. « Les résultats des six premiers mois — ainsi qu’une belle avance dans les sondages — ont fondu comme neige au soleil, observe Graham Fox, ancien chef de cabinet de Joe Clark. Qu’attendre au juste des six mois qui nous séparent de l’élection promise au début de 2006 ? Fondamentalement, note l’auteur, Stephen Harper doit choisir : désire-t-il diriger un mouvement pour le conservatisme social ou un parti d’accommodement ? « How Canada slayed the deficit dragon and created the surplus » par John Manley L’abondance des surplus dont jouit le Canada était inimaginable il y a dix ans à peine, quand le gouvernement Chrétien a décidé d’équilibrer ses comptes. En trois ans, c’est un déficit de 42 milliards qu’aura éliminé Ottawa, dès lors en bonne voie de réduire sa dette et de passer à ce chapitre du dernier au premier rang des pays du G7. Ottawa a manifesté la volonté politique nécessaire pour éponger le déficit, comme l’opinion publique l’exigeait. C’est ainsi que les budgets équilibrés sont devenus la règle et non plus l’exception, et que tout déficit est maintenant jugé inacceptable. Influent ministre du cabinet Chrétien, John Manley raconte comment son gouvernement a réussi à renverser la situation. « Écarts et déséquilibres fiscaux : la nouvelle donne du fédéralisme canadien » par France St-Hilaire Même si les nouveaux accords de dix ans sur la santé et la péréquation signés l’automne dernier marquent un point tournant dans les relations fiscales fédéralesprovinciales, la situation financière de ces dernières ne risquent guère de s’en trouver améliorée durablement parce que les taux de croissance de leurs dépenses, en santé notamment, continueront de dépasser les taux de croissance de leurs revenus y compris les transferts. France St-Hilaire observe qu’Ottawa est réticent à utiliser les paiements de transferts pour réaliser ses objectifs de politique sociale et préfère réinvestir dans des initiatives de dépenses directes. Après avoir examiné en détail la situation financière et budgétaire des provinces et d’Ottawa et étudié les projections financières réalisées par le Conference Board, elle conclut qu’il existe un déséquilibre fiscal entre les deux niveaux de gouvernement qui a des effets pervers sur le fonctionnement de la fédération. « Investing in institutions: getting more out of federalism » par Don Dennison Le Canada se développera comme fédération à deux conditions, écrit Don Dennison, directeur de Next NB à l’Université du Nouveau-Brunswick. La première consiste à revigorer les institutions et structures du fédéralisme et, à ce titre, le retour des conférences des premiers ministres serait un pas dans le bonne direction. La seconde est de faire en sorte « que nos gouvernements disposent des ressources nécessaires aux tâches qui leur sont assignées ». Pour ce qui est de l’allocation des ressources, « le fédéralisme canadien permet non seulement de composer avec la diversité linguistique et régionale, mais il favorise la décentralisation, la déconcentration, l’innovation et la réactivité ». Sous-ministre néo-brunswickois des Affaires intergouvernementales en 1981, soit au moment de l’inscription dans la Charte des droits du principe de péréquation, l’auteur explique que c’est au premier ministre du Nouveau-Brunswick de l’époque, Richard Hatfield, qu’on doit cette initiative. « Energy prices, equalization and federalism » par Thomas J. Courchene La hausse du prix du pétrole des trente dernières années est allée de pair avec le débat sur la péréquation et la nature du fédéralisme fiscal. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont aussi inspiré le Programme énergétique national en 1980 et, en 1986, le Energy Pricing and Taxation Agreement entre Ottawa et l’Alberta, qui anticipait que le prix du baril atteindrait 60 dollars canadiens. Une prédiction accomplie... à l’été 2005. La récente poussée des prix, qui a culminé à 70 dollars le baril, a relancé le débat sur le prix de l’énergie, la péréquation et les régimes fiscaux. Sans doute un des plus grands spécialistes canadiens du domaine, Thomas J. Courchene, de l’IRPP, retrace l’histoire du lien entre pétrole et fédéralisme, proposant de remédier au déséquilibre fiscal horizontal en répartissant « le fonds de péréquation fixe » selon les capacité fiscale liées aux recettes non issues de l’exploitation des ressources naturelles et en créant, avec l’accord des provinces, un modeste fonds interprovincial pour partager les recettes issues des ressources. « Beyond Alberta's prosperity dividend: a western accord to pool resource wealth » par Todd Hirsch Sans doute la bonne fortune de l’Alberta vient-elle en partie d’une saine gestion budgétaire, mais elle a permis de supprimer la dette provinciale et de verser aux contribuables albertains ce que le premier ministre Ralph Klein appelle les « dividendes de la prospérité ». Mais cette bonne fortune a aussi causé à Ralph Klein des maux de tête imprévus, sous la forme d’un déséquilibre fiscal horizontal qui révèle un écart important entre les capacités fiscales albertaines et celles des autres provinces. « Quoi que l’Alberta fasse de ses surplus, note Todd Hirsch, de la Canada West Foundation, les autres provinces auront du mal à lui faire concurrence. » L’auteur propose un Accord énergétique de l’Ouest prévoyant la mise en commun des abondantes ressources énergétiques des quatre provinces concernées. Dans l’intérêt de la région… et du pays. « Reimbursement federalism: democratizing cooperative federalism for the 21st century » par Tom Kent Dans le débat entourant l’usage des surplus fédéraux, notre rédacteur en chef fondateur propose une « fédéralisme de remboursement » qui consisterait à transférer des fonds directement aux citoyens plutôt qu’aux Trésors des provinces. Une formule autorisée par la Constitution, précise-t-il, et qui est déjà utilisée dans les faits. « Des allocations familiales à la Sécurité de la vieillesse, l’impôt fédéral a toujours suppléé aux revenus des particuliers », observe-t-il, rappelant que « le premier programme social qui a changé la vie de millions de Canadiens n’avait rien de provincial ; il s’agissait des allocations familiales. Aujourd’hui, le Supplément de revenu garanti, la prestation fiscale pour enfant et les crédits pour TPS sont fondés sur les revenus mais constituent de la même façon des paiements directement versés aux citoyens admissibles ». Les investissements de demain devront privilégier les services de garde et la santé des enfants, conclut l’auteur. « Fed funding of cities: that's all there is » par Christopher Dunn Pour les maires des grandes villes canadiennes, le fédéralisme fiscal est désormais synonyme de transferts issus du partage des recettes de la taxe sur l’essence et de l’allégement fiscal sur la taxe de vente, ainsi que de financement supplémentaire pour les infrastructures et les initiatives environnementales soumises au Fonds vert. En comptant les 5 milliards de la taxe sur l’essence, c’est plus de 9 milliards $ qui seront ainsi transférés aux villes et municipalités sur une période de cinq ans. Un « nouveau pacte » pour les villes, selon Paul Martin. Et aux maires qui, réunis à St. John’s, attendaient mieux, la réponse d’Ottawa a été sans appel : il n’y aura rien de plus. Christopher Dunn, de l’Université Memorial, examine les mesures du budget de 2005, dont l’horizon de financement quinquennal est particulièrement intéressant. « The virtuous cycle: the Canadian experience in a G7 context » par Kevin Lynch Comment le gouvernement canadien a-t-il pu équilibrer ses comptes en 1997 après 27 années consécutives de déficits ? Et comment a-t-il pu engranger depuis lors des surplus année après année, une performance qui devrait se répéter dans un avenir prévisible ? Enfin et surtout, comment le Canada est-il passé du dernier au premier rang des pays du G7 au chapitre des finances publiques, au point d’être le seul d’entre eux à afficher un surplus en 2004 ? Par contraste, les États-Unis auront ajouté 2 billions de dollars à leur dette quand l’administration Bush quittera le pouvoir en 2009. Depuis son poste au FMI à Washington, l’ancien sous-ministre des Finances Kevin Lynch fait le point sur la bonne fortune relative de notre pays. « Le temps des solutions » par Alain Noël [sommaire non disponible] « Political parties, money, and public policy » par Stephen LeDrew Dans la foulée du scandale des commandites, Jean Chrétien s’est tardivement convaincu de réformer le financement de partis politiques, faisant voter à la hâte en 2003 — sa dernière année au pouvoir — le projet de loi C-24 limitant à 1 000 $ les dons de sociétés aux associations locales et à 5 000 $ annuellement les dons de particuliers aux partis fédéraux. Des règles qui s’appliquent également aux campagnes à la direction des partis. Pour combler cette perte en dons de sociétés, les partis sont maintenant généreusement financés par le directeur général des élections à raison de $1,75 par année et par vote obtenu au scrutin précédent. Président du Parti libéral du Canada au moment de l’adoption du projet de loi, Stephen LeDrew s’y était vivement opposé et s’y oppose toujours. « Sous prétexte de simplicité et d’honnêteté, on a conçu une loi trop complexe et susceptible d’être contournée, en contradiction flagrante avec son objectif déclaré ». « Electoral reform in BC: so near and yet so far » par Patrick Thomson et James Maunder Le 17 mai, les électeurs de la Colombie-Britannique ont appuyé à une étonnante majorité de 57 p. 100 le projet de l’Assemblée citoyenne visant à remplacer le système majoritaire uninominal par un mode de scrutin à vote unique transférable. Même si le gouvernement avait établi la majorité requise à 60 p. 100, le résultat s’est révélé extrêmement serré, surtout quand on tient compte de la forte opposition de nombreuses personnalités publiques et médiatiques. La proposition a également obtenu la majorité des suffrages dans 77 des 79 circonscriptions de la province. Clairement, Gordon Campbell doit aller au bout de la question lors de son deuxième mandat, estiment Patrick Thomson et James Maunder. « BC electoral reform: voters to decide, again » par Gordon Gibson Dans un référendum tenu en mai dernier, 57 p. 100 des électeurs et 77 circonscriptions sur 79 ont appuyé la recommandation de l’Assemblée des citoyens de la Colombie-Britannique d’adopter le vote unique transférable pour réformer le système électoral de cette province. On a certes raté la supermajorité double de 60 p. 100 d’électeurs et de circonscriptions, mais de si peu que le gouvernement Campbell a annoncé le mois dernier un second référendum pour 2008. S’il est gagné, le nouveau système sera mis en place dès le scrutin de 2009. Gordon Gibson, senior fellow de la Fraser Foundation, décrit sa riche expérience à titre de président de l’Assemblée des citoyens et le travail qui reste à faire. Frédéric Lasserre critique Un monde sans gouvernail : Enjeux de l'eau doucepar Sylvie Paquerot [sommaire non disponible] Stephen Brooks critique International Commissions and the Power of Ideas, dirigé par Ramesh Thakur, Andrew F. Cooper et John English [sommaire non disponible] |