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« What in the world does 'economic development' mean? » par Todd Hirsch [résumé non disponible] « The politics of climate change: from one government to the next » par Robin V. Sears La majorité des Canadiens soutiennent l’accord de Kyoto même s’ils en ignorent le contenu. Ils veulent un air pur et appuient la cible de réduction des gaz à effet de serre, qui prévoit pour 2008-2012 d’en ramener le niveau à 6 p. cent de moins qu’en 1990. Mais ils s’en remettent au gouvernement et au secteur industriel pour agir, et sont peu enclins à sacrifier leurs VUS et leurs habitudes de chauffage. Notre collaborateur Robin Sears analyse la dimension politique des changements climatiques, y compris le « fiasco de l’implantation de Kyoto », et se demande si la Loi sur l’assainissement de l’air et le plan vert II du gouvernement Harper ne deviendront pas une solution de rechange proprement canadienne aux cibles inatteignables de Kyoto. « Improving Canada's climate change performance » par Katherine Cinq-Mars « Pourquoi les émissions canadiennes sont-elles si élevées et ont-elles tant augmenté par rapport à d’autres pays ? » Cette question aussi centrale que gênante est soulevée par Katherine Cinq-Mars à propos de la performance du Canada en regard des pays industrialisés de l’OCDE. En tant que signataire du Protocole de Kyoto, le Canada s’est engagé pour 2008-2012 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre à 6 p. cent de moins que leur niveau de 1990. Or ces émissions ont augmenté de 27 p. cent en 2004 pour dépasser de 35 p. cent les cibles de Kyoto. Comment redresser la situation ? En se tournant vers les technologies du carbone et en transformant les défis environnementaux en avenues de développement économique. « An integrated approach to air pollution, climate and weather hazards » par Gordon McBean Selon l’ancien directeur du Service météorologique national du Canada, « les changements climatiques ont pour effet de modifier les risques liés à la météo mais aussi ses avantages, c’est-à-dire l’eau de pluie qui nous désaltère et irrigue nos terres, la neige indispensable à la pratique du ski ou les journées d’agréable chaleur qui agrémentent nos loisirs ». Gordon McBean ajoute que « les Canadiens se sont toujours intéressés aux incidents climatiques, dont les répercussions ne cessent toutefois de se multiplier ». Et leurs conséquences ne feront que s’aggraver avec le réchauffement planétaire. L’auteur offre aux gouvernements fédéral et provinciaux de sages conseils pour faire face aux dangers croissants liés au climat. « Canada's climate change dilemma and how to solve it » par Stéphane Dion Stéphane Dion a les changements climatiques à l’œil et affirme que la mise en œuvre de son plan environnemental dès 2007 permettrait au Canada d’atteindre ses cibles de réduction d’émissions d’ici à 2012. « Le protocole de Kyoto est l’unique outil international crédible dont nous disposons pour combattre la prochaine crise climatique », écrit-il dans cet article exclusif à Options politiques,« et le Canada doit remplir ses engagements de Kyoto tout en menant les négociations visant à le prolonger au-delà de 2012. » Stéphane Dion a fait de l’environnement le thème central de sa candidature à la direction du Parti libéral du Canada. « Cities 'LEED' the way in green policies » par David Miller [résumé non disponible] « Cities and climate change: policy-takers not policy-makers » par Andrew Sancton « Penser globalement, agir localement », affirme la devise du mouvement écologiste. Le réchauffement planétaire n’a pourtant rien d’un problème local, écrit Andrew Sancton. Les ententes internationales comme le Protocole de Kyoto sont signées par des pays souverains mais elles ont un fort impact sur les villes. Celles-ci n’en sont pas signataires mais produisent une grande partie des émissions de gaz à effet de serre par l’entremise des citadins qui conduisent leur voiture et chauffent leur maison. D’un point de vue constitutionnel, les villes canadiennes relèvent des provinces dans un domaine — celui de l’environnement — où il y a déjà mixité des compétences. Les villes, conclut Sancton, peuvent difficilement agir seules et doivent pouvoir compter sur l’appui des autres niveaux de gouvernement. « Le développement durable à l'heure de la déréglementation : impasse en vue » par Pierre-Luc Gagnon Dix ans après l’adoption d’un plan de développement durable par le gouvernement fédéral, l’Assemblée nationale du Québec a sanctionné sa propre loi devant permettre l’opérationnalisation de ce concept au sein des activités gouvernementales. L’auteur examine ce plan et l’appareillage administratif mis en place pour le mettre en œuvre, et le compare à celui d’Ottawa. Il constate que, même si le plan québécois semble plus prometteur en ce qu’il prévoit une démarche cohésive basée sur l’adoption rapide d’une stratégie gouvernementale, la création d’un fonds vert et le droit à un environnement sain, la démarche d’allégement réglementaire et administratif qui est en cours parallèlement risque d’anéantir le changement profond nécessaire à la réalisation d’un véritable développement durable dans la province. « Reducing greenhouse gas emissions: some Canadian success stories » par Karen Kun et Toby Heaps Le pessimisme n’est pas vraiment de mise face à la réaction de la grande industrie au réchauffement planétaire. C’est ce qu’avancent Karen Kun et Toby Heaps, de la revue Corporate Knights, qui recensent plusieurs cas exemplaires d’entreprises canadiennes ayant réduit leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) bien audessous des niveaux de 1990, toutes appartenant à des secteurs très polluants. En Colombie-Britannique, Catalyst Paper a réduit ses émissions des deux tiers, et le géant de l’aluminium Alcan affiche en la matière un excellent bilan. Tout comme EnCana, qui mène dans une partie du champ de pétrole de Weyburn, en Saskatchewan, le plus grand projet de retenue des GES au monde. « Walking the walk on climate change: a business case study » par Daniel Gagnier À l’évidence, le secteur industriel contribue largement au réchauffement planétaire et aux changements climatiques. Mais il est tout aussi clair qu’on ne trouvera aucune solution sans la participation active de l’industrie, et notamment des entreprises productrices d’émissions. Basée au Canada et présente dans plus de 61 pays, la multinationale de l’aluminium Alcan compte parmi ces entreprises. Son premier vice-président, Daniel Gagnier, explique comment Alcan a contribué à la solution en réduisant ses émissions mondiales de 3,5 millions de tonnes métriques par rapport aux niveaux de 1990, et ses effluents de fonderie de 35 p. cent au Canada et de 25 p. cent à l’échelle mondiale. « When Canada led the way: a short history of climate change » par Elizabeth May La conférence sur les changements climatiques tenue à Toronto en 1988 a constitué un événement majeur. Le Canada en était l’hôte mais il était aussi un leader mondial en matière d’environnement. Alors conseillère du ministre de l’Environnement Tom McMillan, Elizabeth May revient sur cette période où le leadership canadien avait engendré dès 1987 le Protocole de Montréal sur l’appauvrissement de la couche d’ozone, puis l’Accord sur les pluies acides conclu en 1991 avec les États-Unis par suite des ententes fédérales sur leur réduction. Dans la déclaration issue de la conférence de Toronto, des scientifiques affirment que l’humanité mène une expérience incontrôlée dont les conséquences seront à peine moins graves qu’une guerre nucléaire mondiale. La conférence de Toronto avait renforcé les conclusions de l’important rapport de la Commission Brundtland sur le développement durable, qui avait donné lieu au Sommet de la Terre de Rio en 1992. Pour Elizabeth May, récemment élue à la tête du Parti vert, cette époque semble aujourd’hui bien lointaine. « Massive power in a tiny beetle » par Roger Gibbins [résumé non disponible] « Remembering Robert Bourassa » par John Parisella Il y a 10 ans ce mois-ci, Robert Bourassa s’éteignait moins de trois ans après avoir quitté le pouvoir en janvier 1994. Il avait remporté quatre élections et dirigé le Québec pendant près de 15 ans sur une période de trois décennies allant des années 1970 aux années 1990. L’une des figures politiques les plus marquantes de son temps, il s’était retiré en 1971 d’un premier accord constitutionnel à Victoria, en avait négocié un autre au lac Meech en 1987 puis avait essuyé les conséquences politiques de son échec en 1990, avant d’assister en 1992 au rejet de l’Accord de Charlottetown. Son ancien chef de cabinet retrace l’héritage du seul chef politique de l’histoire canadienne ayant reconquis la direction de son parti après en avoir été éloigné. « Petite enfance et santé émotionnelle : l'importance du dépistage » par Raymond H. Baillargeon Pour aider à diminuer les coûts occasionnés par le vieillissement accéléré de la population pour le régime de pension et le système de santé, affirme Raymond Baillargeon, il faudrait, dès maintenant, rehausser le niveau de santé des enfants afin d’accroître, une fois qu’ils seront adultes, leur productivité et le taux de participation au marché du travail. À cet égard, dit-il, un défi de taille consiste à dépister les problèmes émotionnels et de comportement chez les enfants d’âge préscolaire afin de prévenir ces problèmes lors de l’entrée à l’école. L’auteur fait le point sur les nouveaux outils de recherche à notre disposition pour mieux intervenir auprès des enfants et conclut que la recherche et développement en petite enfance devrait constituer un investissement prioritaire pour nos gouvernements. « Waiting for Conservative trade policy » par Michael Hart et Bill Dymond Le gouvernement conservateur a hérité d’une politique commerciale à bout de souffle mais il tarde à proposer la sienne, que ce soit dans la zone de l’ALENA et de l’hémisphère occidental ou à l’échelle de l’OMC, où l’échec du cycle de Doha devient manifeste. Autrefois puissance commerciale mondiale, le Canada a été exclu à Doha du cercle restreint formé des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon. « L’Inde, le Brésil et l’Australie ont délogé le Canada de ce noyau central, écrivent Michael Hart et Bill Dymond. Et l’on pourrait imputer cette triste tournure à l’implacable défense de la gestion de l’offre menée par le Canada dans les secteurs des produits laitiers et de la volaille. » La conclusion des auteurs : « En vérité, le Canada n’est plus un acteur clé car il a peu à offrir — ou à gagner — au chapitre des négociations commerciales multilatérales. » « And the Mambo Kings will live on: Cuba after Fidel » par Julia Sagebien L’intervention chirurgicale de Fidel Castro et le transfert provisoire du pouvoir aux mains de son frère Raul ont relancé cet été les hypothèses sur l’avenir de Cuba sans le líder máximo. « Une longue maladie ou la mort de Fidel Castro viendrait éliminer la cheville ouvrière de la dynamique interne et externe du pays, affirme Julia Sagebien, originaire de Cuba et professeure à l’Université de Dalhousie. La nature a horreur du vide, poursuit-elle. Or la disparition ou l’incapacité de Castro créerait un vide immense. » L’auteure examine quelques scénarios de l’après-Fidel, de même que le rapport entre l’incertitude, le changement et la continuité face aux actions et réactions des premiers intéressés, à Cuba comme à l’étranger, en particulier au sein de la diaspora cubaine et du gouvernement américain. « Innovation and productivity: the need for an intellectual architect » par E. Richard Gold Du point de vue de la productivité, « l’innovation est profitable en soi », écrit Richard Gold, du Centre pour la propriété intellectuelle de l’Université McGill. Et « il importe peu qu’elle provienne d’ici ou de l’étranger. Le marché de l’innovation est international et de nombreuses formes d’innovation ne coûtent rien en transport », les logiciels par exemple. Étant donné l’étroitesse du marché canadien, les innovateurs jugent rarement intéressant de faire breveter ici leurs découvertes. Mais l’auteur y voit aussi une occasion à saisir : « Le Canada devrait se doter d’une politique de propriété intellectuelle prévoyant une réduction des coûts pour ceux qui mènent leurs recherches au pays, ce qui ferait du Canada un endroit plus attirant pour investir dans les secteurs de haute technologie. » « The UN: if it didn't exist, we would have to invent it » par Paul Heinbecker Un an après le sommet des chefs d’État à l’occasion du 60e anniversaire des Nations unies, il apparaît clairement que les dirigeants mondiaux ont très peu profité de cette « occasion pour réformer l’institution », écrit Paul Heinbecker, ancien ambassadeur du Canada à l’ONU. Malgré toutes ses défaillances institutionnelles, ajoute-t-il, l’ONU reste une organisation internationale indispensable qu’il faudrait inventer si elle n’existait déjà. Comme au premier jour de sa création en 1945, elle reste aujourd’hui au cœur du système multilatéral. « Taking campaign finance reform to the next level » par Tom Kent Jusqu’à la réforme sur le financement des campagnes de 2003, par laquelle Jean Chrétien a semblé se repentir du scandale des commandites juste avant de tirer sa révérence, les dons versés aux partis et à leurs candidats n’étaient assujettis à aucune limite réelle. Le projet de loi C-24 a mis fin à cette pratique en éliminant la plupart des dons corporatifs et en ramenant ceux des particuliers à 5 000 dollars annuels pour chaque parti, lesquels recevaient en échange 1,75 dollar par suffrage et par année selon leurs résultats aux plus récentes élections. La Loi sur la responsabilité du gouvernement Harper accroît ces restrictions en abolissant tous les dons de société et de syndicat et en limitant ceux des particuliers à 1 000 dollars annuels pour chaque parti et chaque candidat. Mais il faut aller plus loin, estime Tom Kent, y compris en limitant la possibilité de faire des dons aux citoyens en âge de voter. Compte rendu : Michel Sarra-Bournet critique Pierre Elliott Trudeau. L'intellectuel et le politique par André Burelle [résumé non disponible] « Silence, on se bat ! » par Alain Noël [résumé non disponible] « Quand la beauté du monde ne suffit pas" par Jean Lemire » Parti de Québec en septembre 2005, l’équipage du Sedna IV a entrepris un long voyage d’une année vers l’Antarctique dans le but de documenter les effets des changements climatiques sur le pôle Sud. Palpitante aventure humaine, dont on peut suivre le déroulement via l’Internet, mission scientifique de premier ordre, en collaboration avec la NASA et de nombreux chercheurs de plusieurs pays, et projet cinématographique dont on attend déjà la sortie avec anticipation, cette équipée se présente comme une des plus grandes expéditions contemporaines. C’est aussi une importante campagne de sensibilisation sur les changements climatiques et les grands enjeux environnementaux de la planète. À la veille de son retour, au sortir d’un hiver antarctique qui aura été décevant et inquiétant parce que trop doux, Jean Lemire, chef de mission à bord du Sedna IV, nous écrit « du plus bel endroit de la Terre » et nous raconte comment et à quel point nos comportements locaux prennent des dimensions planétaires. « Il n’y a pas meilleur endroit sur cette planète, écrit-il, pour visualiser les effets catastrophiques des bouleversements climatiques que nos activités engendrent. » |