| Eric Single, « The Economic Costs of Illicit Drugs and Drugs Enforcement » | |
| Diane Riley et Pat O'Hare, « Harm Reduction: Policy and Practice » | |
| Tim Quigley, « Canada's Drug Policy From the National Police Perspective » | |
| Mark A. R. Kleiman, « Drug Policy for Crime Control » | |
| Wayne Hall, « Creating Space for a More Reasoned Debate About Drug Policy » | |
| Patricia G. Erickson, « Addicted to Law: For a Health Directed Drug Policy » | |
| Line Beauchesne, « Les politiques actuelles sur les drogues : tendances contradictoires » | |
| Bruce Alexander , « Reframing Canada's ‘Drug Problem' » | |
| Neil Boyd, « Rethinking our Policy on Cannabis » | |
| Benedikt Fischer, Eric Single, Robin Room, Christiane Poulin, Ed Sawka, Herb Thompson et John Topp, « Cannabis Use in Canada: Policy Options For Control » |
|
Eric Single, « The Economic Costs of Illicit Drugs and Drugs Enforcement » Selon une étude récente des coûts économiques de la consommation d'alcool, de tabac et de stupéfiants au Canada en 1992, les dépenses au titre de l'administration des lois et de la justice pénale (services de police, tribunaux, services correctionnels) qui étaient reliées à la consommation des drogues illicites atteignaient cette année-là plus de 400 millions de dollars. L'auteur examine les liens de causalité qui existent entre l'usage de la drogue et la criminalité, et il décrit les écarts entre les provinces quant aux coûts de la justice pénale. Il compare en outre les coûts de la répression criminelle à ceux de la consommation de drogues licites telles que l'alcool et le tabac. La répression criminelle coûte effectivement très cher, mais il faut se montrer prudent quand on interprète les résultats en vue de formuler une politique appropriée. Les coûts estimatifs ne représentent pas l'impact des stupéfiants sur les budgets publics et, de toute façon, ne peuvent pas tous être évités. Étant donné le coût relativement plus élevé des politiques s'appliquant aux drogues illicites, par rapport à celles qui touchent aux drogues licites, on peut même dire qu'il est tout aussi justifié de s'opposer à un changement de la loi actuelle que d'y être favorable. Car pour un débat éclairé sur la politique relative aux stupéfiants, il faut connaître non seulement les coûts économiques de ces derniers mais aussi le degré d'efficacité des politiques elles-mêmes. Diane Riley et Pat O'Hare, « Harm Reduction: Policy and Practice » La réduction des méfaits attribuables à la drogue, qui a pour objectif premier d'atténuer les effets négatifs de la consommation de stupéfiants, est une approche relativement nouvelle du traitement de la toxicomanie. Cette notion reconnaît que l'abstinence n'est probablement pas un objectif réaliste ou souhaitable pour certaines personnes, surtout à court terme. C'est la propagation du sida parmi les toxicomanes qui a contribué à la popularité grandissante de la politique de réduction des méfaits. Les programmes qui s'en inspirent comprennent l'échange de seringues, le recours à la méthadone et à d'autres drogues prescrites, ainsi que d'autres mesures fondées sur la tolérance à la drogue. Tim Quigley, « Canada's Drug Policy From the National Police Perspective » La politique du Canada en matière de lutte contre la drogue repose sur une approche fondamentalement raisonnable. Il faut faire connaître davantage les effets nocifs qu'a la toxicomanie sur les usagers et sur la société : toutes les drogues illicites ont des effets véritablement destructeurs, et nous ne faisons à cet égard aucune distinction entre les drogues dites « douces » et « dures », car une seule dose de marijuana à forte concentration équivaut à une dose de LSD. En plus, les accidents d'automobile imputables à l'usage de la marijuana sont beaucoup plus nombreux que ceux qu'on peut attribuer à la cocaïne. La légalisation de la drogue ne mettrait pas fin aux activités criminelles liées à l'usage des stupéfiants, bien au contraire. Elle aurait également pour effet d'indiquer aux jeunes que la consommation de drogues n'a rien de répréhensible, ce qui rendrait inutiles les efforts de prévention et de réduction de la demade. Mark A. R. Kleiman, « Drug Policy for Crime Control » Un examen attentif des liens entre, d'une part, la drogue et les politiques antidrogue, et, d'autre part, le problème de la criminalité montre que ni les mesures en place ni les propositions de ceux qui les contestent n'ont pour objet spécifique de réduire l'activité criminelle. De plus, ces politiques et propositions ( y compris celles qui visent la réduction des méfaits) ne sont que d'une utilité marginale vis à vis la drogue dont les liens avec la criminalité sont les plus évidents, c'est-à-dire l'alcool. Pour faire baisser l'incidence de la criminalité au sens général, il faudra prendre d'autres moyens : protéger les quartiers urbains en s'attaquant aux trafiquants qui exercent leur activité ouvertement, concentrer les sanctions (y compris les peines d'emprisonnement) sur ceux qui ont recours à la violence ou aux services de complices adolescents ou même plus jeunes, reformuler les critères relatifs à l'emprisonnement pour donner la priorité aux actes criminels définis en fonction des victimes plutôt que des drogues utilisées, accorder moins d'importance aux sanctions visant l'usage du cannabis et imposer comme condition à l'octroi de la probation l'abstinence à l'égard des drogues illicites coûteuses. Wayne Hall, « Creating Space for a More Reasoned Debate About Drug Policy » Aux États-Unis, le débat concernant les politiques relatives aux stupéfiants est marqué par des positions diamétralement opposées et par l'affrontement de protagonistes tout aussi dogmatiques les uns que les autres. Or, en raison de leur puissance économique et militaire, de leur présence dominante dans les affaires internationales, des investissements massifs qu'ils consacrent à l'interdiction des stupéfiants et à la recherche sur les drogues, et enfin de l'importance démesurée de leurs médias sur la scène mondiale, les États-Unis exercent une influence considérable sur des pays de langue anglaise comme l'Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande. Si le débat au sujet des drogues illicites aux États-Unis devenait plus serein et plus rationnel, cela aurait en retour des effets bénéfiques sur ces pays. L'essai qui suit propose certaines approches propres à favoriser ce résultat. Patricia G. Erickson, « Addicted to Law: For a Health Directed Drug Policy » Les mesures visant à interdire la drogue créent l'illusion d'un contrôle social, mais en fait, le droit pénal contribue très peu à prévenir les problèmes liés aux stupéfiants. Le Canada compte trop sur les mesures punitives, ce qui non seulement aggrave les préjudices causés aux individus et à la société mais entrave la mise au point de politiques plus efficaces. Il serait plus avantageux d'adopter une approche favorisant la mise à l'essai de diverses options axées sur les principes de la santé publique. Line Beauchesne, « Les politiques actuelles sur les drogues : tendances contradictoires » L'auteure explique ce qui a amené des tendances contradictoires en matière de drogues dans la plupart des pays occidentaux ces dernières années entre les politiques juridiques et les politiques en matière de santé, et entre les politiques locales et la politique nationale. Bruce Alexander , « Reframing Canada's ‘Drug Problem' » Au Canada, aucun consensus durable n'a rallié l'opinion publique quant à la politique à suivre en matière de stupéfiants. On a plutôt vu trois types d'intervention bien connus alterner en importance, soit la criminalisation, la médicalisation et la réduction des préjudices (ou des méfaits). Il serait plus utile de redéployer les ressources affectées à ces trois volets, dont l'efficacité est plutôt marginale, pour les concentrer sur les causes profondes de la toxicomanie, c'est-à-dire la dislocation sociale et l'aliénation personnelle. Neil Boyd, « Rethinking our Policy on Cannabis » La criminalisation de la consommation de marijuana est plus dommageable que la drogue elle-même car elle rend les usagers passibles de peines d'emprisonnement ou d'amendes et, en donnant lieu à un casier judiciaire, contribue à restreindre leurs déplacements vers l'étranger. Si un Canadien décide de faire usage de la « mari » en privé ou en compagnie d'adultes consentants, cela ne devrait en aucune façon concerner l'État. Il est cependant raisonnable de considérer la culture et la distribution du cannabis à des fins lucratives comme une forme de promotion de la drogue, et donc d'interdire ces activités. Dans un monde idéal, où les libertés seraient davantage respectées, il serait tout à fait concevable que la marijuana trouve sa place aux côtés de l'alcool dans les débit de vente au détail. Mais dans l'univers imparfait et plein de contradictions où nous vivons, les compromis et la prudence s'imposent. Benedikt Fischer, Eric Single, Robin Room, Christiane Poulin, Ed Sawka, Herb Thompson et John Topp, « Cannabis Use in Canada: Policy Options For Control » La politique concernant le cannabis devrait s'efforcer de réduire les risques associés à la consommation et, en même temps, les coûts et conséquences adverses qui découlent des tentatives en vue de la contrôler. Les mesures actuelles se sont avérées incapables de réaliser l'équilibre souhaité : elles ont suscité des coûts sociaux et individuels considérables sans produire d'effet de dissuasion visible ou d'autres effets bénéfiques. Les auteurs esquissent un certain nombre d'autres options possibles. Compte tenu des résultats positifs qu'on a pu observer dans d'autres pays où des approches moins punitives ont été mises en place, ils affirment que la possession de cannabis ne devrait pas être passible d'une peine de prison et qu'on devrait prendre des mesures pour en minimiser l'incidence sur le casier judiciaire des délinquants. On devrait notamment envisager sérieusement de créer, dans le cadre de la Loi sur les contraventions adoptée récemment au fédéral, une infraction relevant du droit civil pour la possession de cannabis. |