« Terrorist cells can be got rid of » par Desmond Morton Historien canadien de renom, Desmond Morton enseigne à l’Université McGill où il a été pendant six ans le premier directeur du McGill Institute for Canadian Studies. Il a publié plus de 30 ouvrages sur l’histoire politique, militaire et industrielle du Canada, dont A Short History of Canada et A Military History of Canada, maintes fois réédités. Après avoir fait carrière dans l’armée canadienne de 1954 à 1964, Desmond Morton a été professeur aux universités d’Ottawa et de Toronto et, de 1986 à 1994, président du Erindale College. William Watson s’est entretenu avec lui le 5 octobre. « A message has already been sent » par Janice Gross Stein Janice Gross Stein enseigne à l’Université de Toronto, où elle détient la chaire Harrowston sur la gestion et la négociation des conflits et dirige le Munk Centre for International Studies. Elle a publié de nombreux ouvrages et articles sur le Moyen-Orient, la politique étrangère et la gestion des conflits. Ancienne présidente du Comité consultatif de recherche du ministère des Affaires étrangères, elle siège actuellement au comité de sécurité internationale de l’American Academy of Science ainsi qu’au comité de résolution des conflits internationaux de la National Academy of Sciences. Elle a participé cette année aux " Massey Lectures " à la radio de CBC, y livrant une communication sur le " culte du rendement ". William Watson s’est entretenu avec elle le 13 octobre, jour de l’Action de grâces. « Our response must be rational » par John Helliwell John Helliwell est professeur d’économie à l’Université de la Colombie-Britannique. Ancien président de l’Association canadienne d’économique et officier de l’Ordre du Canada, il possède une longue expérience de conseiller auprès des gouvernements du Canada et de l’étranger. Il mène de front plusieurs programmes de recherche dont l’un porte sur « l’évaluation et l’explication de l’énorme importance accordée aux frontières nationales », question à laquelle il a consacré un livre intitulé How Much Do National Borders Matter?, publié en 1998 par la Brookings Institution. William Watson s’est entretenu avec lui le 5 octobre. « A conversation Canadians were going to have anyway » par Will Kymlicka Will Kymlicka est National Scholar au Département de philosophie de Queen's University. Il a publié cinq ouvrages dont Multicultural Citizenship, prix C. B. Macpherson de l’Association canadienne des sciences politiques (1995) et prix Ralph J. Bunche de l’American Political Science Association (1996). Il a détenu des titres de recherche aux universités de Toronto, d’Ottawa et de Carleton, au European University Institute et à la Central European University à Budapest, où il est régulièrement invité comme professeur au programme d’études sur le nationalisme. William Watson s’est entretenu avec lui le 16 octobre. « Probably not much will change » par André Blais André Blais est professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal et spécialiste des systèmes, de la participation et des comportements électoraux. Ses recherches actuelles portent sur le phénomène de l’abstention, les modes de scrutin comparés et l’élection canadienne de 1993. Ses derniers ouvrages et articles traitent d’une variété de questions dont celles de l’éthique, de l’emploi dans le secteur public, de la participation électorale, du scrutin présidentiel direct, du Reform Party et des formules électorales. William Watson s’est entretenu avec lui le 16 octobre. « Law enforcement isn't just chasing phantoms » par Ed Morgan Edward Morgan enseigne à temps plein à la faculté de droit de l’Université de Toronto, où il a obtenu sa licence de droit en 1984 avant d’obtenir sa maîtrise à Harvard en 1986. Stagiaire en 1984-1985 de la juge Bertha Wilson, de la Cour suprême du Canada, il amorce peu après sa carrière d’enseignant, puis pratique le droit de 1989 à 1998 au sein du cabinet torontois Davies Ward & Beck. L’auteur de International Law and the Canadian Courts renoue en 1998 avec l’Université de Toronto, où il enseigne depuis le droit public et privé international ainsi que le droit pénal international. William Watson s’est entretenu avec lui le 12 octobre. « Table ronde sur le 11 septembre » Un mois et un jour après les attentats terroristes ayant frappé New York et Washington, l’IRPP et l’Institut canadien de recherche sur le développement régional tenait une conférence sur L’art de l’État dans un monde sans frontières qui avait été planifiée avant ces tragiques événements. Plusieurs des communications, préparées avant le 11 septembre, ont porté sur des questions politiques relativement peu touchées par le problème du terrorisme. Mais dans la soirée du premier jour de la rencontre, les organisateurs ont accordé aux participants l’occasion d’exprimer leur avis sur l’incidence de ces attaques sur la gestion de l’État et certains autres aspects de la société nord-américaine. Bien que nous ayons enregistré cette discussion, il avait été préalablement convenu qu’elle resterait confidentielle. Aussi en reproduisons-nous les échanges avec l’autorisation expresse des participants concernés, à qui nous avons permis de réviser au besoin leurs commentaires. Nous avons d’autre part mis en forme leurs propos, souvent tenus à bâtons rompus, comme c’est notre habitude dans les transcriptions du genre. C’est Hugh Segal, président de l’IRPP, qui a animé cette discussion dont voici la version révisée. Les participants à cette table ronde étaient : Hugh Segal, John Curtis, Tom Kent, Barbara McDougall, Ron Daniels, Peter Dobell, Peter White, Thomas Courchene, Ron Watts, Pierre Marc Johnson, Robert Young, Don Drummond, Gordon Thiessen et Jean-François Lisée « After Sept. 11: Interoperability with the U.S., not convergence » par Daniel Schwanen Les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone semblent avoir accéléré le mouvement du début de l’année en faveur d’une intégration économique et politique nord-américaine. Non sans raison, bon nombre de Canadiens craignent que les États-Unis, peu susceptibles d’abdiquer leur contrôle sur les processus de décision, encore moins depuis les attentats du 11 septembre, ne dominent cette intégration continentale. Pour préserver l’autonomie du Canada, mieux vaudrait donc envisager une « interopérabilité » des politiques concernées, c’est-à-dire une série d’arrangements institutionnels, incluant une reconnaissance réciproque, qui inciterait les décideurs canadiens à tenir compte des intérêts des États-Unis et à collaborer plus efficacement avec les organismes américains. « After Sept. 11: A Canada-U.S. customs union » par Rolf Mirus Les événements du 11 septembre ont accru l’intérêt des États-Unis pour un périmètre de sécurité commun à toute l’Amérique du Nord. Que le Mexique désire s’y joindre ou non, le Canada devrait profiter de l’occasion pour proposer une union douanière prévoyant un tarif douanier commun. Il y perdrait un peu de sa souveraineté, puisque nous adopterions vraisemblablement le code tarifaire américain, mais y gagnerait en matière d’échanges commerciaux l’élimination des distorsions inhérentes au présent Accord de libre-échange. En libérant les importateurs de l’obligation de se conformer aux « règles d’origine » sur les biens échangés, ce tarif commun favoriserait de surcroît la compensation des coûts liés au resserrement récent de la frontière américaine. « After Sept. 11: The case for a federal deficit » par Patrick Grady Si le Canada décide vraiment de faire le nécessaire pour appuyer les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme qu’ils ont engagée suivant la destruction du World Trade Center, Ottawa devra revoir sa stratégie d’équilibre budgétaire et se préparer au retour des déficits. Pour deux raisons. Tout d’abord, parce que cette tragédie a provoqué une onde de choc économique favorisant une récession qui réduira automatiquement les surplus budgétaires qu’il avait planifiés. Et parce qu’il faudrait prendre des mesures politiques aussi coûteuses qu’inédites pour renforcer notre défense et notre sécurité tout en stimulant une économie faiblissante. « Decision-making in health: We need a more complex calculus » par Duncan Sinclair La gestion du système canadien d’assurance-maladie, le premier de nos programmes sociaux et celui qui nous est le plus cher, nécessite à la fois une vision claire de ce que doivent être les soins de santé et la capacité d’estimer les répercussions souvent complexes des changements qu’on pourrait lui apporter. Les décisions en la matière devraient donc reposer sur une évaluation précise des coûts et avantages des changements proposés, mais elles ne peuvent faire abstraction des questions concernant l’appui, l’opposition ou l’indifférence suscités par ces propositions. Pour autant, il va sans dire que les questions plus fondamentales ont aussi leur place dans ce débat. Mais pour l’instant, les seuls aspects pris en considération par nos gouvernements quand ils évaluent les options possibles relativement aux soins de santé ont trait à l’image qu’ils présenteront dans les journaux du lendemain. Dès lors, comment imaginer qu’on apportera un jour à notre système d’assurance-maladie les changements fondamentaux dont il a tant besoin ? « Missing the big picture: Manitoba's Bill 41 and M.v.H. » par Erin Melrose et Rais A. Khan Selon une interprétation stricte de la décision de la Cour suprême du Canada dans l’affaire M. c. H., les gouvernements du pays sont uniquement tenus d’accorder aux couples de même sexe des droits en faveur du conjoint. Mais une interprétation plus souple laisse entrevoir la nécessité de leur accorder une série d’autres droits, dont celui d’adopter des enfants. Certaines provinces, notamment l’Ontario et l’Alberta, ont réagi à cette éventualité en apportant d’importantes modifications à leur législation sur l’adoption. Au Manitoba, le projet de loi 41 s’en tient au contraire à la lettre de la loi. Or, en ignorant de la sorte les répercussions potentielles de la décision de la Cour suprême, on ouvre la voie à une remise en cause constitutionnelle et à une procédure de défense qui se révélerait aussi coûteuse qu’inutile, et l’on abdique en tant que gouvernement sa responsabilité solennelle de respecter la Charte des droits et libertés. « The brain drain: A view from Stateside » par Peter Kuhn L’IRPP a publié fin novembre « The Brain Drain: Myth and Reality », une étude de Ross Finnie, de Queen’s University et de Statistique Canada. Ce tout nouveau titre de notre collection Choix inclut aussi 5 commentaires critiques, dont une réflexion personnelle de Peter Kuhn, spécialiste de l’économie du travail, anciennement de l’université McMaster, qui enseigne aujourd’hui à l’université de la Californie à Santa Barbara. Sur cette question de l’exode des cerveaux, Options politique a déjà publié des textes signés John Helliwell, Don Devoretz et Don Wagner. Voici une version légèrement remaniée des observations de Peter Kuhn. « We should reserve electronic green space for public-service broadcasters » par Bill Roberts Les diffuseurs de service public comme APTN et Vision TV sont semblables aux diffuseurs publics en ce qu’ils offrent une tribune de confiance pour transmettre informations, idées et divertissement de qualité et renforcent les assises du pays en rapprochant les citoyens de leur société. Alors que s’amorce une ère de diffusion numérique, les législateurs canadiens doivent assurer l’« espace vert électronique » dont ces diffuseurs ont besoin. Pour ce faire, on pourrait notamment les intégrer dans un plan de base à achat obligatoire comprenant un ensemble de services entièrement canadien qu’offrirait chaque entreprise de distribution de radiodiffusion. « Electoral reform: Lessons from the Irish? » par Simon Dalby Les appels en faveur d’un système de représentation proportionnelle pour corriger l’actuel déséquilibre électoral au Canada se heurtent toujours à l’objection selon laquelle les Canadiens préfèrent être représentés par circonscription. Mais le modèle irlandais d’un vote unique transférable au sein de circonscription à plusieurs députés offrirait le meilleur des deux mondes : une plus grande représentativité des partis minoritaires, y compris les partis régionaux, par des députés élus dans des circonscriptions bien délimitées. Un tel système nécessiterait chez nous des circonscriptions plus étendues et un décompte des voix un peu plus long, mais ce serait un prix fort modeste à payer en échange d’un Parlement qui reflète mieux les préférences des Canadiens. |