| « Le mot du rédacteur » (PDF) par William Watson | |
| PERMANENCE UNIVERSITAIRE | |
| « Tenure subverts academic freedom » par Hymie Rubenstein | |
| « Tenure promotes honest hiring » par Lorne Carmichael | |
| Hymie Rubenstein replies | |
| Lorne Carmichael's rejoinder | |
| EN PLUS | |
| « Cultural dreams, policy schemes » par Robert Fulford | |
| « Canada's own intern scandal » par Neil Seeman | |
| « Is Quebec a North American region-state? » par Jean-François Lisée | |
| « The world's choice: Mullahs or pirates? » par Richard Nielsen | |
| « Pax Americana: We could do worse for a hegemon » par John Hare | |
| « Canadian values and national security policy: Who decides? » par Sean M. Maloney | |
| « In Canada, proportional representation should be a hard sell » par J.A.A. Lovink | |
| L'index des articles 2001 (PDF) |
« Tenure subverts academic freedom » par Hymie Rubenstein La permanence universitaire s’est transformée en une sécurité d’emploi à vie, une sinécure injustifiée dont jouit une fraction puissante et redoutablement organisée de notre élite intellectuelle. Elle n’est pourtant ni nécessaire ni suffisante à la protection de la liberté universitaire. Inconnue au bataillon lors des siècles derniers, au cours desquels on s’est librement exprimé sur une grande variété de sujets, son omniprésence actuelle n’a même pas pu endiguer la vague de rectitude politique qui a déferlé sur le monde universitaire dans les années 1990. La permanence est une institution pernicieuse qui favorise l’indolence et l’indifférence de ses titulaires. On devrait donc l’abolir pour la remplacer par des contrats pluriannuels fondés sur une exigence de rendement. « Tenure promotes honest hiring » par Lorne Carmichael Sans doute en réjouirait-on plusieurs en abolissant la permanence et en licenciant d’un coup le clan des nihilistes post-modernes qui domine le monde universitaire, mais ne risquerait-on pas au passage de se départir d’universitaires de calibre ? La permanence est réputée favorable à la liberté d’expression, mais elle est aussi nécessaire aux professeurs appelés à embaucher de jeunes collègues aux compétences parfois supérieures aux leurs. Or, sans permanence, ils ne pourraient le faire sans risquer eux-mêmes un licenciement. S’il faut chercher un coupable aux sérieux problèmes qui accablent les universités, on sera mieux avisé de se tourner vers la syndicalisation des facultés plutôt que la permanence. Réponses de Messieurs Rubenstein et Carmichael « Cultural dreams, policy schemes » par Robert Fulford L’idée selon laquelle les gouvernements pourraient exercer une action vigoureuse sur le monde artistique relève de la présomption, les arts formant par définition un domaine effervescent et imprévisible. Or, ceux qui décident des politiques culturelles canadiennes continuent d’agir comme s’ils pouvaient à eux seuls nous protéger contre une hégémonie américaine et corporatiste qui les effraie profondément. Certains secteurs, notamment l’édition, se portent très bien en dépit d’une protection minime. D’autres, c’est-à-dire les secteurs collectifs comme le cinéma et la télévision, dépérissent malgré toutes les attentions dont ils sont l’objet depuis quelques décennies. Notre approche de la culture gagnerait à troquer son arrogance contre une plus grande humilité. « Canada's own intern scandal » par Neil Seeman En procurant aux jeunes une précieuse expérience dans une grande variété de domaines, les stages en entreprise contribuent à former les leaders de demain. Il est donc fort inquiétant d’observer à ce chapitre un immense écart entre le Canada et les États-Unis. Ainsi, la plupart des sites Internet qui proposent de tels stages offrent au moins dix fois plus de possibilités aux États-Unis. Ce phénomène témoigne au Canada du sous-développement du secteur philanthropique, lequel explique vraisemblablement le sur développement de la fonction publique. Si les Canadiens payaient moins d’impôts, peut-être consacreraient-ils à leurs concitoyens une plus grande part de leurs revenus. « Is Quebec a North American region-state? » par Jean-François Lisée Au cours du dernier cycle économique de 1989 à 2000, on a assisté à une « décanadianisation » marquée des flux d’investissements et d’échanges commerciaux interprovinciaux. Au Québec, par exemple, les exportations sont aujourd’hui deux fois plus importantes vers les États-Unis que vers le reste du Canada; en matière d’investissements, l’américanisation est encore plus accentuée. Le contenu des échanges a aussi beaucoup changé, les nouvelles technologies y occupant une place de plus en plus importante. La cause de ces changements reste à préciser, bien que la faible croissance de l’économie canadienne des années 1990 ait sûrement quelque chose à y voir. Mais ils vont aussi dans le sens de la décision du gouvernement québécois, prise au milieu de cette décennie, de considérer la province comme un État-région. En propageant largement le bilinguisme parmi les gestionnaires, les politiques linguistiques des 30 dernières années auront empêché le « facteur linguistique » d’éroder les échanges commerciaux, comme cela s’est produit dans d’autres pays de l’OCDE. « The world's choice: Mullahs or pirates? » par Richard Nielsen La poignée de terroristes responsables des attentats du 11 septembre et les partisans beaucoup plus nombreux du mouvement anti-mondialisation n’emploient évidemment pas les mêmes méthodes. Mais les uns comme les autres dénoncent un capitalisme qui mesure la valeur des êtres humains à leur apport à la production matérielle et qui modèle les rapports sociaux sur les codes guerriers de la concurrence économique. Nous sommes hantés en Occident par le mythe de David et Goliath, dont l’axe principal—la justification morale de la violence—sous-tend presque tous les films hollywoodiens. Quels que soient les résultats immédiats obtenus en Afghanistan, l’Occident continuera d’être menacé par les armes que sa propre technologie fournit à ses ennemis s’il renonce à comprendre les nombreuses différences qui séparent l’Est et l’Ouest. « Pax Americana: We could do worse for a hegemon » par John Hare L’influence des États-Unis dans le monde repose moins sur leur puissance militaire que sur l’attrait exercé par leur culture. Le calvinisme a donné aux Américains une raison d’être, l’empirisme britannique les a empêchés de verser dans la complaisance révolutionnaire. Il en a résulté une liberté enviée dans d’innombrables pays et cultures, non parce qu’elle est proprement américaine mais parce qu’elle correspond à l’essence de la nature humaine. Les États-Unis peuvent en offenser certains et en irriter d’autres, mais le monde pourrait subir une hégémonie beaucoup plus néfaste. « Canadian values and national security policy: Who decides? » par Sean M. Maloney Quelle qu’ait été la position officielle d’Ottawa pendant les beaux jours de la doctrine du « pouvoir en douce » des années 1990, notre politique de sécurité nationale ne devrait pas viser la protection des valeurs du pays – valeurs sur lesquelles nos concitoyens seraient bien en peine de dégager un consensus –, mais bien la préservation des intérêts du Canada. Tels que les ont formellement énoncés plusieurs gouvernements au cours des années, ces intérêts se sont révélés au fil du temps d’une étonnante constance. Si on devait les reformuler pour le XXIe siècle, on en obtiendrait une version plus proche d’un Louis Saint-Laurent que d’un Lloyd Axworthy. « In Canada, proportional representation should be a hard sell » par J.A.A. Lovink Dans le numéro de juillet-août d’Options politiques, plusieurs auteurs ont proposé que le Canada adopte une forme ou l’autre de représentation proportionnelle (RP), mais aucun d’eux ou presque n’a évoqué les complications qu’un changement de cette ampleur risque d’entraîner sur notre système politique. La RP est certes justifiée dans les pays où des minorités souhaitent fortement que leurs intérêts soient directement représentés au Parlement, mais la majorité des Canadiens semblent encore satisfaits de voir leurs différents intérêts politiques relayés par de grands partis nationaux. En apportant à l’actuel système électoral une modification mineure prévoyant un scrutin de ballottage quand aucun parti n’obtient une majorité des votes, on raffermirait sans perturbations politiques majeures la légitimité de notre démocratie. |