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« Funding Canada's universities: research thrives in a culture of excellence » par Heather Munroe-Blum Bien qu’on prévoie pour les dix années à venir une forte augmentation des inscriptions et du nombre de professeurs dans les universités canadiennes, le financement du système reste nettement insuffisant pour favoriser une véritable culture de l’excellence, notamment en recherche. À l’occasion d’un discours majeur, la principale de l’Université McGill a exhorté les gouvernements à améliorer le financement des universités, estimant qu’elles doivent être mieux dotées et que les étudiants doivent participer au dialogue sur leur financement. « Addressing the accountability deficit: why the Martin minority government must pay more attention to the three A's » par Thomas S. Axworthy Pour combler le déficit en matière de reddition de comptes, le gouvernement Martin devrait centrer ses efforts sur les trois éléments d’autorité, d’imputabilité et de responsabilité. L’autorité étant le pouvoir d’agir officiellement dans les voies hiérarchiques de la démocratie, l’imputabilité étant exigée de ceux à qui on délègue cette autorité, la responsabilité prévoyant qu’on rende des comptes à ceux qui nous l’ont accordée. « Qu’on le fasse volontairement ou par crainte de sanctions, rendre compte de ses actes est essentiel à la démocratie », écrit Thomas S. Axworthy. « Depuis le milieu du XIXe siècle, fait-il remarquer, le champ d’action des gouvernements s’est étendu de façon exponentielle, et le pouvoir exécutif a suivi. Or la notion de responsabilité ministérielle n’a pas bougé depuis 1850. » Ancien responsable du Bureau du premier ministre et actuel président du Centre for the Study of Democracy, l’auteur y va de quelques suggestions pour responsabiliser le gouvernement fédéral. « Le Parti québécois : au-delà du conflit des ambitions » par Jean-Herman Guay Le Parti québécois est une formation qui nous a habitués aux disputes internes, mais cette fois, note Jean-Herman Guay, les tensions sont plus profondes. Cette situation s’explique par quatre facteurs conjoncturels : un leadership installé à la va-vite en 2001, une défaite électorale cuisante en 2003, la redéfinition de l’aile radicale et l’espoir sensé d’une victoire électorale au prochain scrutin. Mais surtout, écrit-il, elle traduit la difficulté pour ce parti de jongler avec les deux faces de la souveraineté. Celle-ci n’est pas seulement un projet à réaliser, mais également un outil et un symbole. Avant même d’être réalisée, la souveraineté a ainsi généré des changements palpables et continue d’en générer, ce qui peut expliquer les apparents paradoxes d’une opinion publique qui appuie le projet de souveraineté mais ne souhaite pas la tenue d’un nouveau référendum. Pour le PQ, ce qui est en cause présentement, c’est la possibilité de faire cohabiter ces deux visages. Et devant ce défi, tous les protagonistes font face aux mêmes six dilemmes pour lesquels il n’y a pas de solution facile. L’issue du prochain congrès et plus largement l’avenir du Parti québécois reposent sur la façon dont on les résoudra. « Whither the PQ? » par Graham Fraser Depuis la première élection qu’il a remportée en 1976, le Parti québécois a toujours été divisé entre une aile modérée incarnée par René Lévesque et une aile radicale dirigée par Jacques Parizeau, partisan de la souveraineté avec ou sans association. Au milieu des années 1980, les modérés tenaient le haut du pavé sous le leadership « affirmationniste » de Pierre Marc Johnson, et ils ont appuyé à la fin des années 1990 un Lucien Bouchard soucieux de réunir les « conditions gagnantes » avant un troisième référendum. En 2004-2005, Bernard Landry se retrouve en plein dilemme sur les deux questions clés du leadership et de la souveraineté. À l’approche du congrès du PQ de juin 2005, la crédibilité de son chef et la position du parti sur la souveraineté n’ont en effet rien d’acquis. Auteur d’un ouvrage marquant, René Lévesque and the Parti québécois in Power, Graham Fraser s’intéresse au passé comme à l’avenir d’un parti qui peine à se renouveler. « Une épine dorsale institutionnelle pour l'État autonome du Québec » par Guy Laforest Réunie en congrès en septembre dernier, l’Action démocratique du Québec adoptait un projet politique axé sur l’autonomie du Québec. Ex-président du parti et politologue bien connu, Guy Laforest explique que, en faisant du Québec le seul percepteur de tous les impôts levés sur son territoire et en dotant la province d’une constitution interne, une idée rejetée par le Parti québécois mais appuyée par de nombreuses personnalités au cours des années, l’ADQ place le combat pour l’autonomie au cœur même de l’identité politique québécoise. Alors que l’option souverainiste et le Parti québécois ont conduit à une réduction des pouvoirs du Québec et de sa liberté, dit-il, l’adoption d’une « épine dorsale institutionnelle et d’une nouvelle identité politique claire et forte » permettra de relever le double défi d’élargir la liberté politique et de promouvoir une identité distincte. « Partenariat, référendum et socialdémocratie : les conditions necessaries » par Réjean Pelletier Depuis sa défaite électorale d’avril 2003, le Parti québécois se questionne de nouveau sur son avenir autour de trois problématiques, que l’on croyait pourtant, pour au moins deux d’entre elles, réglées depuis longtemps : celle du partenariat avec le reste du Canada, celle de l’opportunité de tenir un référendum avant d’enclencher le processus d’accession à la souveraineté, et celle de l’impact de la mondialisation sur la pertinence même de l’option souverainiste. Sans doute sains, ces débats existentiels ne devraient cependant pas conduire à une radicalisation de l’option souverainiste, observe Réjean Pelletier, car cela risque de mener le parti à l’échec : échec en termes de suffrages nécessaires, échec en termes de légitimité. La défaite de 2003, affirme-t-il, ne doit pas être comprise comme manifestant un rejet de l’option souverainiste, mais simplement un désir de changement. Pour réussir, conclut-il, le Parti québécois doit démontrer que, dans le monde contemporain, la souveraineté de l’État n’est pas un concept suranné et qu’il incarne, mieux que tout autre parti, le partenariat et la social-démocratie. « Oh, no, not separatism again » par William Watson [sommaire non dispnible] « The presidential election, US social policy and whether Canadians should care » par Ted Marmor L’élection américaine de 2004 a reconduit l’impasse du scrutin de 2000 bien plus qu’elle n’a avalisé un programme de droite en politique intérieure. George W. Bush ne partagerait pas cette analyse, d’autant qu’il a remporté une franche majorité des suffrages et raflé la mise au Collège électoral. Pourtant, tout aurait pu basculer en Ohio avec aussi peu que 65 000 voix en faveur de son adversaire. Les problèmes économiques et sociaux ayant joué un faible rôle durant la campagne, ce sont les questions dites morales — le mariage homosexuel, notamment, a fait l’objet de référendums dans 11 États — qui ont incité les électeurs républicains à se déplacer en nombre suffisant pour assurer une avance de trois points au vainqueur. Ted Marmor, de Yale, examine l’ambition de George W. Bush de faire des États-Unis une « société possédante » et les conséquences de cette politique sur des programmes comme la sécurité sociale, s’interrogeant aussi sur la nécessité pour les Canadiens de surveiller la situation de près. « La victoire de Bush n'annonce pas une mainmise républicaine sur la Maison-Blanche » par Pierre Martin et Richard Nadeau George Bush vient d’être réélu pour un deuxième mandat après une campagne qui a tenu le monde en haleine. Cette victoire n’est pas vraiment surprenante, affirment Pierre Martin et Richard Nadeau. Compte tenu du passé électoral américain, qui a vu les électeurs privilégier la stabilité des administrations présidentielles, et de la préoccupation dominante pour les enjeux liés à la sécurité, qui le favorisait, c’est plutôt la défaite du président sortant qui aurait constitué une surprise. Ce qui est étonnant, nous disent-ils, c’est la très grande stabilité des appuis qui confirme la polarisation idéologique de l’électorat américain. Leur analyse contredit l’idée selon laquelle le résultat de l’élection exprime une poussée conservatrice ou s’explique par une montée de la ferveur religieuse ou une progression importante des valeurs traditionnelles. Il faudra donc s’habituer au suspense des élections présidentielles qui révèle une Amérique divisée en deux blocs électoraux de plus en plus stables et de force à peu près égale. « La réélection de Bush et l'impact sur les relations canadoaméricaines : une perspective québécoise » par Guy Lachapelle et Claude Côté Depuis le déclenchement des hostilités en Irak, l’opinion des Canadiens et des Québécois à l’endroit de la Maison-Blanche s’est inscrite sous le signe de la méfiance. À l’aide des coups de sonde menés par diverses maisons de sondages, Guy Lachapelle et Claude Côté retracent l’évolution de l’opinion publique canadienne envers les États-Unis. Or, notent-ils, si un fort sentiment anti-Bush est toujours présent et que la politique étrangère américaine continue de susciter d’importantes inquiétudes, les États-Unis demeurent néanmoins le meilleur allié du Canada aux yeux d’une vaste majorité de Québécois et de Canadiens. En bout de piste, estiment-ils, l’évolution et la santé des relations canado-américaines demeurent encore largement tributaires de la dimension commerciale de nos rapports. « Determining refugee status: find out whether a claimant is really a refugee » par Julius H. Grey Le processus canadien d’attribution du statut de réfugié est miné par la controverse, de nombreux requérants étant admis sur la base de fausses déclarations alors que d’autres, soupçonnés d’avoir eu partie liée avec des régimes totalitaires, sont exclus en raison de critères de sélection « politiquement corrects ». C’est ainsi qu’on pourra rejeter la demande d’un requérant mêlé à l’occupation soviétique de l’Afghanistan sans que son rôle n’ait comporté de violences ou d’abus, observe l’éminent défenseur des libertés civiques Julius Grey. Citant l’exemple des communistes ayant fui le nazisme, il estime que dans certaines circonstances, « les opposants d’un régime démocratiquement élu peuvent prétendre au statut de réfugié et mériter protection ». En la matière, la meilleure politique serait encore la plus simple : « Établir d’un point de vue judiciaire la légitimité d’une requête au titre de réfugié, sans égard aux aspects négatifs de leurs antécédents. » « La vraie menace du dragon chinois pour l'économie canadienne passe par l'oncle Sam » par Patrick Leblond Depuis plusieurs mois, la Chine est au cœur des préoccupations de la presse économique. On nous parle de l’opportunité que représente le marché chinois et de la concurrence que les sociétés chinoises opposent à nos entreprises. Cependant, on ne mentionne guère la probabilité non négligeable qu’il y ait une crise financière en Chine. Or, selon Patrick Leblond, c’est à ce chapitre que la Chine constitue une vraie menace pour l’économie canadienne. Une telle crise, note-t-il, mettrait fin au financement chinois et asiatique de l’énorme déficit de la balance du compte courant américain, avec pour conséquences un net ralentissement économique chez notre voisin du Sud ainsi qu’une chute de la valeur relative de son dollar. Les entreprises canadiennes verraient alors leurs exportations vers les États-Unis diminuer fortement, ce qui causerait un sérieux ralentissement économique. Plutôt impuissantes à prévenir la réalisation d’un tel scénario, nos entreprises devraient cependant se préparer à faire face à la musique si le dragon chinois fait sa crise et force l’Oncle Sam à suivre une cure d’amaigrissement. « The price of knowledge » par Sean Junor et Alex Usher Dans cet aperçu de la situation des inscriptions, des droits de scolarité et des prêts étudiants dans les universités canadiennes, Sean Junor et Alex Usher font état de données surprenantes et parfois troublantes. Ainsi les inscriptions, qui ont bondi de 20 p. 100 au cours des cinq dernières années seulement, y ont franchi le cap record du million. La hausse des droits de scolarité et des notes minimales d’entrée n’a aucunement modifié les schémas d’inscription par quartile de revenu familial, les enfants des familles les mieux nanties restant deux fois plus susceptibles de fréquenter l’université que ceux des familles aux revenus les plus faibles. Enfin, si les transferts gouvernementaux aux particuliers en matière d’enseignement postsecondaire ont beaucoup augmenté depuis dix ans, cette augmentation a surtout consisté en transferts universels. Ces fonds ne ciblant pas précisément les étudiants à faible revenu, on peut donc s’interroger sur leur utilité s’agissant d’améliorer l’accès aux études supérieures. « De la formule à l'enveloppe » par Alain Noël [sommaire non disponible] Passages : Here Be Dragons par Peter C. Newman Avec la publication en 1963 de Renegade in Power, Peter C. Newman est devenu le premier auteur politique à succès du Canada, ouvrant la voie à deux générations d’écrivains qui suivraient sa trace. Mais le héros de ce best-seller, John Diefenbaker, n’avait pas dit son dernier mot après sa défaite électorale de 1963. Il allait mener à l’automne 1965 une dernière campagne marquée par une tournée du pays restée célèbre. Peter Newman était à bord du train et, dans ses mémoires intitulées Here Be Dragons, il retrace ce voyage épique effectué il y a bientôt 40 ans. « Privatization and demutualization » par Joseph Heath [sommaire non disponible] John J. Noble critique Soft Power: The Means to Success in World Politics par Joseph S. Nye [sommaire non disponible] Richard W. Pound critique Brian Dickson: A Judge's Journey par Robert J. Sharpe and Kent Roach [sommaire non disponible] Hugh Segal critique At Home in the World: Canada's Global Vision for the 21st Century par Jennifer Welsh et Operation Apollo: The Golden Age of the Canadian Navy in the War Against Terrorism par Richard Gimblett [sommaire non disponible] |