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Options politiques est une des revues canadiennes les plus en vue en matière de politique publique. Elle vise à susciter un débat éclairé sur les enjeux politiques actuels et futurs les plus importants. Chaque numéro contient de courts articles dans lesquels les auteurs commentent à chaud les questions qui font la manchette, ainsi que des analyses plus approfondie de questions plus vastes. La revue Options politiques paraît dix fois l'an.
L'ÉLECTION FÉDÉRALE |
« On a tenu parole » par Stephen Harper Le 19 décembre 2005, Stephen Harper prononçait à Québec un discours sur le « fédéralisme d’ouverture » qui a frayé la voie à la percée québécoise des conservateurs. À la veille du scrutin de 2008, il est retourné dans la Vieille Capitale en vue de rallier in extremis sa base électorale qui, à l’instar du reste de la province, se tournait vers un Bloc québécois en pleine résurgence. Il y a fait valoir les « promesses tenues » de sa dernière campagne et a déclaré aux Québécois qu’il avait « besoin d’eux » dans son prochain gouvernement. « Running a responsible deficit » par Todd Hirsch [résumé non disponible] « The messenger is the message » par James McLean La grande stratégie de communication qui a valu aux conservateurs de former un second gouvernement minoritaire combinait force de frappe et précision d’un mouvement d’horlogerie. Leur message central — un leadership de confiance en période d’incertitude économique — les a menés à deux doigts d’un gouvernement majoritaire. Mais lorsqu’un cataclysme économique aux dimensions historiques a surgi inopinément en pleine campagne, le premier ministre Stephen Harper s’est laissé prendre à son propre piège sur la question de sa crédibilité. Il s’en est tiré grâce à un mélange de synchronisme, de chance et de persévérance. Mais les Canadiens sont-ils pleinement conscients du mandat qu’ils lui ont confié ? « Message ou messager ? Les hauts et les bas d'une campagne inhabituelle » par Jean-Herman Guay La politique peut être perçue selon deux grandes perspectives, explique Jean- Herman Guay. Comme un espace réservé à ceux qui cherchent avant tout à prendre le pouvoir puis à le conserver : les messages sont alors des outils « en vue d’accroître la probabilité de gagner ». Ou comme un lieu où faire avancer une cause, considérée comme l’incarnation du bien commun : les messages y sont « au service d’un idéal, d’une mission ». Selon lui, tant la campagne de Stephen Harper que celle de Stéphane Dion appartiennent à la deuxième approche. Et tous deux en ont probablement souffert car « une campagne électorale impose trois grands filtres qui font en sorte que le message politique dévie, voire rebondit dans des directions inattendues ». Il examine ici comment ces filtres ont modifié ou transformé le message initial de chacun des partis. « A missed rendezvous with a majority » par L. Ian MacDonald Stephen Harper a déclenché des élections parce qu’il voyait la possibilité d’obtenir une majorité et préférait en fixer la date plutôt que de se la voir dictée par l’opposition. Il est clair que cette majorité était à sa portée en début de campagne. Mais elle lui a finalement échappé, même s’il en est ressorti avec une minorité renforcée. Qu’est-il arrivé ? Il s’est passé qu’une campagne qui laissait espérer une majorité avec l’appui du Québec s’est heurtée à la résistance de cette province. Et que la performance de Stephen Harper aux débats des chefs a révélé son indifférence face à la crise financière mondiale et son peu d’empathie pour les Canadiens qui en font les frais. Notre rédacteur en chef retrace ici les faits saillants de la campagne. « Le Québec du statu quo » par Michel C. Auger À propos des résultats du scrutin au Québec, Michel C. Auger observe « qu’on pourrait presque parler d’un Bloc 2.0 qui veut incarner à Ottawa le consensus québécois ». Gilles Duceppe a habilement exploité les coupes des conservateurs dans le domaine de la culture et leur intransigeance à l’endroit des jeunes délinquants pour impulser la remontée du parti à 49 sièges, seulement deux de moins qu’en 2006. Mais il n’a obtenu que 38 p. 100 des suffrages, tempère l’auteur, un recul de quatre points par rapport au dernier scrutin. Pour ce qui est de la faible performance des conservateurs, qui en sont restés aux 10 sièges qu’ils avaient déjà, « ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer ». « The Green Shift, the Liberals and the west » par Janice MacKinnon Les libéraux et leur virage vert ont échoué à calmer les inquiétudes entourant les profondes disparités régionales que provoquerait inévitablement une taxe sur le carbone, comme les en avaient prévenus les économistes. Le programme libéral aurait durement touché les huit provinces de l’Ouest, et il a ravivé leur méfiance à l’endroit d’un parti réputé incapable de comprendre ou de protéger leurs intérêts. Relégués au troisième rang derrière le NPD dans chacune des provinces de l’Ouest, les libéraux devront pour s’y reconstruire convaincre leurs habitants qu’ils se soucient vraiment de leurs préoccupations. Et se demander si un parti qui n’obtient que 7 des 92 sièges de la région peut encore prétendre au statut de parti national. « Cons versus Libs: lessons from an election » par Geoff Norquay Derrière l’activité frénétique d’une campagne électorale nationale se déroule toujours une subtile bataille stratégique. Elle concerne la mobilisation des ressources des partis, l’encadrement et le désencadrement des chefs, le prépositionnement des énoncés de campagne, les duels entre messages politiques et l’aller-retour des stratégies électorales. Geoff Norquay examine comment ces éléments ont influé sur la 40e élection générale du pays et ce que libéraux et conservateurs peuvent en apprendre. « After Dion, a time for Liberals to rebuild » par Steven MacKinnon Le passage de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral a été marqué par une série d’occasions ratées en vue de renouveler le parti, à commencer par son rejet d’un plan de reconstruction visant à assurer sa transition vers le pouvoir. Résultat : le PLC a perdu beaucoup de temps et de terrain politique au profit de ses rivaux, à l’heure où il s’apprête à élire un successeur à M. Dion. L’ancien directeur national du PLC Steven MacKinnon affirme qu’il est urgent de s’atteler sérieusement au renouvellement du parti. « Uniting the left: prospects for a Liberal-NDP merger » par Robin V. Sears There are three national political parties to the left of the Conservatives — the Liberals, the NDP and now the Greens, all essentially fishing in the same pool of voters. Robin Sears, who recalls the last attempt to unite the left when the NDP was created in 1961, suggests the time is coming when Liberals and New Democrats might begin to consider the possibilities of a political merger on the left. While their competitive histories and personalities might argue against a unity movement, common sense and the prospect of winning an election as a united left might ultimately win the day. « Layton's grasp exceeds NDP's reach » par Desmond Morton Tout scrutin produit des vainqueurs et des vaincus parmi les chefs de parti. Stephen Harper a remporté la dernière élection et en sort grand gagnant. Contrairement à Stéphane Dion, le grand perdant, à qui l’on a prestement indiqué la sortie. Qu’en est-il de Jack Layton, qui a raflé 37 sièges pour le NPD, soit sept de plus qu’en 2006 mais tout de même six de moins que le record de 43 sièges établi en 1988 par Ed Broadbent ? Desmond Morton, l’éminent historien canadien et ancien militant néo-démocrate, analyse la campagne du NPD et ses modestes résultats au regard d'objectifs particulièrement ambitieux. « Élections 2008 : effacement continu de la représentation des femmes » par Manon Tremblay Selon le classement établi par l’Union interparlementaire, le Canada se situe autour du 50e rang sur la scène internationale en ce qui concerne la représentation des femmes au Parlement. « Depuis les élections fédérales de 1997, écrit Manon Tremblay, la proportion des députées à la Chambre des communes stagne autour de 20-22 p. 100. » Et les résultats de 2008 confirment cette tendance, constate-telle. Après avoir brossé un portrait de la représentation des femmes à la Chambre des communes, elle examine en détail la performance des partis en ce qui concerne le taux de féminisation des candidatures, le taux de succès des candidates et le taux de féminisation des caucus aux élections de 2008. Elle évalue également les options pour accroître la proportion des députées fédérales et conclut que ce sont les partis qui détiennent les clés de la solution. « The Harper mandate: thirty months of decision » par Charles J. McMillan Tout minoritaire qu’il soit, le nouveau gouvernement pourrait faire sa marque à l’exemple du gouvernement minoritaire de Lester B. Pearson (1965-1968), l’un des plus productifs de l’histoire. À condition d’appliquer un solide programme d’action. Il ferait erreur en prenant d’importantes initiatives en matière de dépenses, surtout aux fins de consommation, alors que l’économie mondiale se prépare à une période chaotique et que s’intensifieront les pressions en faveur d’une politique de dépenses keynésienne. De concert avec les provinces, Ottawa devrait privilégier une série d’investissements dans les infrastructures de transport, le capital intellectuel et le développement durable pour mieux positionner le Canada sur l’échiquier mondial. Selon Charles McMillan, le Parlement « dispose de 30 mois pour laisser un héritage de décisions clés ». « The morning after: now for the hard part » par Jaime Watt Les Canadiens n’ont pas apprécié d’être appelés aux urnes une troisième fois en quatre ans, selon une étude postélectorale menée auprès de groupes témoins par la maison Ensight Canada. La grogne suscitée par cette « élection perdue » ne visait pas la campagne ou le scrutin proprement dits, mais la faiblesse du produit offert par tous les dirigeants politiques. Stephen Harper a obtenu un nouveau mandat malgré le dépit de nombreux électeurs, et il doit maintenant relancer son gouvernement en période de difficultés économiques tout en affrontant une série complexe de pressions. Jaime Watt, directeur de la maison Ensight, analyse les conclusions de l’étude et les défis qu’imposent les attentes de la population au nouveau gouvernement. « La guerre des mots : les stratégies de communication des partis aux elections fédérales de 2008 » par Denis Monière Dans un contexte politique de plus en plus volatile, la stratégie de communication des partis devient d’autant plus importante. Denis Monière analyse les stratégies des partis en examinant les communiqués de presse diffusés quotidiennement par chacun. Il constate que le Parti libéral a diffusé autant de communiqués que tous les autres partis réunis, avec une moyenne de sept communiqués par jour. Par ailleurs, c’est aussi le PLC, « qui s’est dit victime des attaques conservatrices durant cette campagne », qui est le parti qui a en fait le plus misé sur la critique de ses adversaires. « La campagne électorale de 2008, écrit l’auteur, confirme l’hypothèse d’une relation entre la désaffection et le cynisme antipolitique des citoyens, et le recours à des arguments négatifs dans les discours des politiciens. » « Back to the future: press coverage of the 2008 Canadian election campaign strikes both familiar and unfamiliar notes » par Blake Andrew, Lori Young et Stuart Soroka L’Observatoire des médias de l’Institut d’études canadiennes de McGill a produit pour les élections fédérales de 2008 une autre analyse de la couverture de la campagne. Sur la base des données recueillies, et en utilisant maintenant une procédure automatisée d’analyse de contenu, les auteurs évaluent le ton ainsi que le contenu politique des articles et la place consacrée à chaque parti et aux chefs. Ils en tirent trois conclusions. Premièrement, la campagne a été de plus en plus centrée sur l’économie mondiale et canadienne : l’environnement, dont on croyait au début qu’il s’imposerait comme thème central, a finalement été éclipsé par la crise financière aux États-Unis. Deuxièmement, la présence du Parti libéral, et notamment de son nouveau chef Stéphane Dion, a été beaucoup plus discrète que dans les campagnes précédentes. Troisièmement, le Parti conservateur a fait l’objet d’une couverture plus importante sans qu’elle soit nécessairement plus favorable. « The Facebook effect? On-line campaigning in the 2008 Canadian and US elections » par Tamara A. Small L’Internet fait désormais partie de la boîte à outils des partis politiques. Comment les partis canadiens s’en sont-ils servi durant la dernière campagne par rapport à ceux des États-Unis ? Tamara Small, de l’Université Mount Allison, a étudié la question et conclut qu’ils accusent un certain retard en la matière, surtout pour ce qui est de l’usage de Facebook : « Si chacun des petits et grands partis canadiens a créé son propre site de campagne, aucun n’a su en exploiter tout le potentiel. » L’échange des suffrages était l’aspect le plus intéressant de Facebook, ajoute-t-elle, mais cela n’avait rien à voir avec les partis politiques. « Le secret du succès du Bloc ? Un chef qui comprend le Québec » par Guy Lachapelle La performance du Bloc lors de la dernière élection a surpris bon nombre d’observateurs qui mettaient en doute sa pertinence et estimaient que les Québécois étaient prêts à passer à autre chose. Selon Guy Lachapelle, elle s’explique pourtant relativement facilement : les grandes qualités d'un chef qui comprend très bien les Québécois ; une stratégie et un message clairs, faisant valoir que les conservateurs n'avaient pas tenu leurs promesses ; et un allié inattendu en la personne du premier ministre Jean Charest, « qui a pris un virage nationaliste, comprenant fort bien que pour obtenir une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, il doit davantage être à l’écoute de cette tranche de l’électorat ». « Closing the deal: the Thanksgiving election » par Nik Nanos Pour le troisième scrutin fédéral consécutif, le spécialiste des sondages Nik Nanos, de Nanos Research, a réalisé un sondage quotidien pour la Chaîne d’affaires publiques par câble. La campagne qu’il a suivie a emprunté diverses voies, les conservateurs étant au départ en piste vers une majorité avant de trébucher au Québec sur les thèmes de la culture et de la criminalité chez les jeunes. La campagne s’est ensuite tournée vers le sud pour cause de chambardement des marchés mondiaux. Finalement, Stephen Harper a su contourner les écueils pour remporter le sprint final. Nik Nanos, qui mène aussi régulièrement des sondages pour Options politiques, décrit comment le premier ministre a scellé sa victoire autour de l’Action de grâces. « Les sondages québécois sont-ils distincts ? » par Claire Durand et Mélanie Deslauriers Les sondeurs du Canada anglais et les sondeurs québécois font-ils une estimation systématiquement différente des intentions de vote pour le Bloc québécois ? Les sondages québécois menés dans les circonscriptions ont-ils surestimé systématiquement le Bloc québécois et mal prédit les élus ? Claire Durand et Mélanie Deslauriers montrent que, contrairement à l’impression générale, les sondages québécois ne se sont pas distingués significativement des sondages canadiens lors de la dernière campagne électorale. Par contre, la majorité des estimations faites par les firmes UniMarketing et GPS dans les circonscriptions se sont révélées en dehors de la marge d’erreur, et GPS a mal prédit l’élu dans deux cas sur trois, alors que les prédictions faites par CROP sont correctes pour sept de ses huit sondages. « Polls got the big picture, not the regional ones » par David Herle, Jennifer Espey, Alex Swann et Denise Brunsdon La dernière campagne électorale a donné lieu à une surabondance de sondages, y compris un suivi quotidien du classement des partis. Ces données ont été produites par plusieurs firmes de sondage utilisant chacune ses propres techniques et méthodologies. Celles-ci englobaient différents moyens d'aborder l’« enjeu clé » du scrutin et reposaient plus que jamais sur les nouvelles technologies. Notre collaborateur David Herle et ses collègues du Gandalf Group examinent les démarches de ces différentes maisons et évaluent leur incidence sur les sondages mêmes et sur les capacités de bien prédire les résultats électoraux. « Comprendre le Québec » par Alain Noël [résumé non disponible] |